Pornographie juvénile: Raynald Régnier écope de 18 mois

Pour possession, accession et distribution


Publié le 14 mars 2017

Raynald Régnier, quelques minutes avant de connaître sa sentence, en compagnie de la représentante de son avocat.

©Photo: TC MEDIA - France Paradis

SENTENCE. Le Juge Jean Hudon de la Cour du Québec, Chambre criminelle, condamne Raynald Régnier d'Alma à une peine d'emprisonnement de 18 mois concurrents sur trois chefs d'accusation, soit possession, accession et distribution de matériel pornographique juvénile.

Le résultat de la perquisition a mené à la saisie de 71 548 fichiers graphiques (photos) et de 2407 fichiers animés (vidéos). — Le Juge Jean Hudon

Au sortir de la prison, Raynald Régnier sera également assujetti à une série de conditions pour sa remise en liberté. Il sera naturellement inscrit au registre des délinquants sexuels à perpétuité et dans les 10 ans suivant sa libération, il ne pourra se retrouver dans un parc ou une zone publique s'il y a des personnes de moins de 16 ans. Il ne pourra non plus utiliser Internet, sauf dans le cadre de son travail.

Dans un jugement de 13 pages que Raynald Régnier a écouté sans broncher avant de prendre la direction du pénitencier, le Juge Hudon a expliqué longuement les motifs de son jugement en rappelant que l'accusé utilisait ce matériel à ses propres fins de satisfaction de son plaisir, et ce, sur une longue période de quelque 17 ans, qu'il n'y a pas eu de victimes directes de la part de l'accusé, mais que les jeunes filles apparaissant sur les photos et vidéos étaient elles-mêmes des victimes qu'il fallait protéger de gens comme Raynald Régnier.

Photos et vidéos

Les événements reprochés à l'homme d'affaires propriétaires d'un dépanneur, se sont étalés entre le 16 juin 1998 (le plus vieux fichier retrouvé dans l'ordinateur de l'accusé) et le 25 février 2015, moment où les policiers ont perquisitionné au domicile de l'accusé.

Les policiers ont alors retrouvé plusieurs fichiers de pornographie juvénile.

« Le résultat de la perquisition a mené à la saisie de 71 548 fichiers graphiques (photos) et de 2407 fichiers animés (vidéos). Tous les fichiers ont été visionnés par la Sergente Mélanie Bélanger de la Sûreté du Québec, oeuvrant à l'exploitation sexuelle des enfants depuis quatre ans et demi et qui qualifie la quantité et la qualité des images de même que la durée des infractions comme représentant un des cas les plus importants qu'elle a eu à traiter », rappelle le juge Hudon.

Les fichiers visionnés concernaient majoritairement des jeunes filles âgées  de 0 à 12 ans et sont répartis dans la catégorie pédopornographique (implique des actes sexuels) de même que dans la catégorie nudité (jeunes filles nues dans les positions sexuelles explicites).

Raynald Régnier ne faisait pas que télécharger des fichiers, il en partageait et en rendait disponibles également. C'est d'ailleurs ce qui a permis aux policiers de découvrir ses crimes.

Faisant référence au rapport présentenciel de même qu'une évaluation sexologique, le juge Hudon reconnaît que l'accusé a fait beaucoup de chemin depuis son arrestation, ce qu9i a contribué à adoucir la sentence.

Rappelons que la Poursuite réclamait trois ans et la Défense, deux ans moins un jour à être purgé dans la collectivité.