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« L’atelier des saveurs »: des mots et du malt de Charles Sagalane

Le 27 septembre 2013 — Modifié à 00 h 00 min le 27 septembre 2013
Par Karine Desrosiers

« L’atelier des saveurs »: des mots et du malt de Charles Sagalane

Une grande première s'est déroulée cette semaine à la Microbrasserie du Lac-Saint-Jean, à Saint-Gédéon, avec le lancement d'un concept inédit: marier les saveurs d'un livre et d'une bière qui portent le même nom, «L'Atelier des saveurs ». Ce tour de force a été réalisé par Charles Gagnon dont le nom de plume est Charles Sagalane. Lui a écrit le petit bouquin et son associé Marc Gagnon, maître-brasseur, n'a pas manqué de relever le défi de composer une nouvelle bière selon des critères extrêmement pointus imposés par le livre lui-même.

Sous le titre « Atelier des saveurs » la maison d’édition La Peuplade publiait le quatrième livre de l’écrivain Charles Sagalane. Ce nom d'auteur, Charles Gagnon l'a trouvé en faisant référence à ses quatre grands-mères: Savard, Gagnon Lavoie et Néron.

Axé sur la cueillette et la dégustation, l’ouvrage décrit des rencontres de saveurs, allant du hot chicken au mole poblano, en passant par les clémentines, la bière, le scotch et même l’eau. Au total, 47 vignettes décrivent des souvenirs, impressions et révélations de table.

Et comme l’auteur est aussi copropriétaire de la Microbrasserie du Lac St-Jean, l’idée lui est venue d’une bière portant le même nom que son livre. « Il me semblait que tous les plaisirs de table décrits dans le livre étaient indissociables de la dégustation.

Pourquoi alors ne pas donner à cette lecture un réel accord de saveurs? Pourquoi ne pas créer une bière dont la recette se marierait parfaitement avec le sujet et la manière de mon livre ? », raconte les yeux pétillants Charles Gagnon.

Le maître-brasseur Marc Gagnon n’allait surtout pas manquer de sauter sur l'occasion pour parfaire son expérimentation dans le monde de la bière. Au fil de la conception de cette bière, les contraintes de fabrication se sont précisées. « Outre l’aromate traditionnel qu’est le houblon, nous avions en tête deux saveurs fortes du livre: le thé dont nous sommes tous les deux amateurs, et aussi les épices de la forêt boréale, que nous utilisons et cueillons avec plaisir », explique Marc Gagnon.

La Microbrasserie du Lac St-Jean a déjà expérimenté de tels produits dans ses recettes, avec de nombreuses bières aux épices boréales, comme la Cache-à-épices, la Fleurette et la Mirochipou, et, plus récemment, une blanche au wulong Si Ji Chun. Forts de ses partenariats de brassage avec la Maison de thé Camellia Sinensis et la compagnie D’Origina, l’entreprise a donc planché sur une recette originale. Et comme si la contrainte n’était pas assez pointue, les deux concepteurs ont décidé de retenir un aromate pour chaque lettre du nom de l’auteur.

Au final, l’Atelier des saveurs est une blonde qui titre 7,4% d’alcool. Même Charles Gagnon n'hésite pas à la comparer à la populaire et célèbre blonde, c'est une « Vire Capot en habit de gala ».

Elle tient ses flaveurs de produits recomposant le mot SAGALANE, soit houblons Simcoe, Amarillo, Galena, Achillée mille-feuille, thé Luku Hong Cha, Armoise commune, Nard des pinèdes et Épilobe.

Comme quoi on peut fabriquer une bière à contrainte, aussi bien qu’un texte littéraire.

Et le résultat final ? Est-il aussi convaincant que l’on pouvait l’escompter? Charles Sagalane n’hésite pas à répondre : « Le livre parle du Luku Hong Cha ou du houblon Simcoe, ce qui crée un parallèle fort. Mais c’est le rendu global de la bière qui épouse le livre: sa douceur maltée, soutenue par la palette aromatique des houblons et prolongée par une finale d’amertume florale. Cette complexité plutôt insaisissable représente bien le livre, je crois. »

Questionné sur le coup: doit-on finir de boire la bière avant d'avoir terminé de lire le livre ou finir le livre avant la bière ? « On laisse simplement parler son cœur… », réplique avec un large sourire Charles Sagalane.

L'important, finalement, pour en apprécier toute la saveur, c'est de n'en perdre ni un mot ni une goutte.

Naturellement, la rareté d’une telle production est à prévoir avec seulement 20 caisses qui ont été produites. Outre le réseau habituel des librairies, le livre se retrouvera à la boutique de la Microbrasserie où il sera en vente conjointe, et exclusive, avec la bière du même nom. Les lecteurs et biérophiles pourront de la sorte se retrouver autour d’un même accord.

« Nous croyons que c’est une expérience nouvelle pour les amateurs et nous pensons qu’ils prendront plus de plaisir à goûter ensemble les deux produits que séparément », de conclure Marc Gagnon. »

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