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La présidente Roxanne Thibeault demeure perplexe

Le 15 décembre 2015 — Modifié à 00 h 00 min le 15 décembre 2015
Par Karine Desrosiers

PROJET DE LOI. Roxanne Thibeault, présidente de la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean, demeure plus perplexe que jamais sur les résultats projetés par la nouvelle Loi sur organisation et la gouvernance des commissions scolaires, déposée par le ministre François Blais.

« Ils disent qu'ils présentent cette Loi pour assurer la réussite des jeunes, mais à aucun endroit dans les 60 pages du projet de Loi on n'en parle », se désole Roxanne Thibeault qui voit venir les changements projetés d'un très mauvais œil.

En entrevue conjointe ce lundi avec TC MEDIA/COGECOTV, la présidente Thibeault était de retour de deux jours de travail à Québec pour analyser en long et en large le contenu de ce projet de Loi déposé à la dernière minute, le 4 décembre dernier.

Au départ, le Projet de loi n°86 s'intitule: Loi modifiant l’organisation et la gouvernance des commissions scolaires en vue de rapprocher l’école des lieux de décision et d’assurer la présence des parents au sein de l’instance décisionnelle de la commission scolaire.

« Après la sanction de la Loi, sans doute en avril, après les commissions parlementaires, 15 jours après, nous, on va être abolis. Ça va être différent, on va être remplacé par un conseil scolaire. De la période où on va être abolis aller jusqu'au 30 octobre, ça va être un conseil provisoire », résume Roxanne Thibeault.

Abolir les élections

Cette Loi vient abolir les élections scolaires. Les conseils des commissaires, dans la formule actuelle, n'existeront plus. Ça va être des conseils scolaires représentés par six parents, six personnes de la communauté, un enseignant, un professionnel non-enseignant deux directions d'établissements et la direction générale qui siège toujours sur les conseils, mais sans avoir droit de vote.

« Ce qui va exister, ça va être des parents, mais des parents qui n'auront pas de lien avec les conseils d'établissement ou le comité de parents. Il (le ministre) veut rapprocher les gens des instances et des décisions, mais ça peut être un parent ou une personne de la communauté qui peut être à la présidence. Elle n'aura plus de rôle déterminé. Ça va être un animateur de réunion. Ce ne sera plus la personne officielle pour représenter la cs », résume Roxanne Thibeault.

Cette dernière qualifie de « grosse déception », la réaction des gens autour d'elle.

« On vient d'avoir des élections en novembre 2014, ça fait juste un an. On avait un conseil qui était très près de la population. Nous, on a la vocation de la réussite de nos jeunes. On est là vraiment parce que l'on croit encore qu'on est capables d'apporter quelque chose à nos jeunes… On est équitable et on essaie de donner à chaque école des valeurs et la possibilité de se développer », ajoute la présidente.

Roxanne Thibeault constate à la lecture du projet de Loi que le ministre s'est gardé beaucoup de pouvoirs comme redistribuer la répartition des ressources financières dans les écoles et les directions générales vont perdre à la longue car elle n'auront plus de lien direct avec les direction des établissements.

« Nous, on demande au moins au ministère de finir notre mandat, au moins l'année scolaire en juin 2016. C'est l'adoption des budgets, des effectifs. C'est un conseil provisoire qui arriverait et qui devrait tout adopter ça. Ce n'est pas évident quand tu arrives et que tu n'as pas d'expérience… », souhaite Roxanne Thibeault

En terminant, elle qualifie de « dangereux » le pouvoir que le ministre aura entre les mains. Notamment, un peu comme dans le domaine de la santé, le ministre aura le droit de forcer des fusions ou des regroupements.

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