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Le projet Alma II est-il mort?

Le 27 mars 2015 — Modifié à 00 h 00 min le 27 mars 2015
Par Karine Desrosiers

ALUMINERIE. Alcan à l'époque et Rio Tinto Alcan par après n'ont jamais cessé de laisser entendre que l'aluminerie Alma pourrait un jour produire quelque 500 000 tonnes annuellement de métal gris, se positionnant ainsi dans une classe mondiale. Si on a laissé miroiter toutes ces années un potentiel projet d'investissement appelé Alma II, tout semble se diriger vers l'abandon de cet investissement majeur. Des améliorations à l'interne des procédés de production pourraient permettre à RTA d'atteindre ce grand objectif de 500 000 tonnes sans y investir le milliard $ requis à cette fin par l'ajout d'une demie salle de cuves, tel que prévu à l'origine.

Mercredi dernier, l’Usine Alma de Rio Tinto Alcan a atteint un jalon important dans le développement de la technologie AP30, soit le passage des 432 cuves de l'usine à 400 000 ampères. L'usine est ainsi décidément tournée vers l'atteinte du grand objectif de produire annuellement plus de 500 000 tonnes.

L’atteinte des 400 000 ampères représente donc un important jalon dans le cadre du Programme d’augmentation d’ampérage, qui s’appuie sur un investissement de 14,8 millions $ annoncé en septembre 2014. Cet investissement devrait permettre d'augmenter de 12 000 tonnes la capacité annuelle de production de l'usine.

Rappelons qu'au départ, en 2001, lors de la mise en fonction de l'usine Alma, on parlait de la technologie AP-30, pour 300 000 ampères et une capacité de production de 375 000 tonnes. Dès sa première année, l'usine avait atteint 407 000 tonnes.

En 2013, autre année de référence, les 432 cuves de l'Usine Alma ont produit 440 305 tonnes, soit un record à vie pour les 12 ans que comptent ces installations. Le projet d'augmentation de l'ampérage devrait accroître la production de quelque 12 000 tonnes annuellement, portant ainsi la production de l'usine au-dessus de 450 000 tonnes.

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En 2005, lors d'un dîner de la CCI et en entrevue au Journal Le Lac-St-Jean, Jean Simon, alors président d'Alcan métal primaire, Québec et États-Unis, avait passé directement ses commandes pour la mise en place des conditions gagnantes pour l'agrandissement de l'aluminerie Alma: un bloc d'énergie électrique, une entente harmonieuse et à long terme avec les travailleurs et l'acceptabilité sociale du projet.

« On veut une aluminerie comparable à sa sœur jumelle, Alouette sur la côte Nord, qui vient de passer sa capacité de production de 250 000 à 550 000 tonnes annuellement. Pour nous, c'est important de s'assurer d'être compétitif, produire sur une grande échelle avec un projet rentable », rappelait alors Jean Simon.

Le 21 mars 2012, dans le cadre d'un événement organisé par l'association Manufacturiers Exportateurs du Québec, Étienne Jacques, chef des opérations, Métal primaire, Amérique du Nord, Rio Tinto Alcan avait répondu aux questions des journalistes.

« D’entrée de jeu, on a présenté et parlé en fait du futur d’Alma, ce que l’on voit, l’organisation améliorée que l’on veut avoir à Alma. Il va s’en dire que ça fait bientôt trois mois que l’on opère l’usine, on découvre présentement le plein potentiel de l’Usine Alma. On a identifié plusieurs pistes d’amélioration… Ce sont des choses que l’on va regarder », précisait alors Étienne Jacques.

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Le message semble clair: bonifier la technologie existante, améliorer les procédés et maximiser la production de chaque cuve.

À l'origine, une cuve de l'usine Alma devait produire 2,21 tonnes de métal par jour. On devrait atteindre cette année 2,88 tonnes, en route vers l'objectif de 3,17 tonnes par cuves, par jour.

On agrandit la maison par en-dedans avec le minimum d'efforts monétaires. Le train risque de passer sans laisser le milliard $ d'investissements attendus depuis tant d'années.

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