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La foi difficile à développer chez les jeunes et leurs parents

Le 09 octobre 2016 — Modifié à 00 h 00 min le 09 octobre 2016
Par laurie fortin

Les sacrements sont en baisse dans la région comme partout ailleurs au Québec. Les orientations que donne l’évêché de Chicoutimi pour pallier à la situation ne rejoignent pas toutes les paroisses, et ce pour différentes raisons.

Cette situation est autant plus vraie que depuis que la catéchèse est maintenant strictement offerte dans les paroisses et non plus à l’école dans le cadre du cours Enseignement religieux, aboli en 2007. Dans certaines paroisses, on fait apprendre le Notre Père ou on fait lire la Bible aux enfants, mais ce n’est pas le but, selon la responsable de la catéchèse à l’évêché de Chicoutimi Mylène Renaud.

L’une des orientations qu’elle communique aux responsables de paroisses, c’est d’abord de tenter de rejoindre davantage les adultes.

« Le parent aussi a besoin d’une vie spirituelle. Mais c’est excessivement difficile de les rejoindre », de souligner Mylène Renaud.

Son approche est de favoriser la catéchèse intergénérationnelle par des activités ludiques, de manière à ce que ce ne soit pas « lourd » et axé vers une pédagogie à la fois pour les adultes que les enfants.

« Nous pouvons par exemple organiser un déjeuner le matin pour favoriser l’échange, une activité qui se rapproche du communautaire, faire une chanson ou un bricolage par la suite », illustre-t-elle.

Spiritualité

Selon elle, pour qu’un enfant puisse faire naître ou développer une spiritualité, il faut que le parent lui-même en ait une.

« Les parents se sont les éveilleurs de la spiritualité », explique-t-elle.

Un peu à l’instar du déjeuner, elle suggère aux responsables de paroisse de sortir du cadre très fixe des rencontres traditionnelles. « Pourquoi ne pas combiner un atelier d’art ou une marche? », donne-t-elle comme exemple.

Pour la communion, l’évêché de Chicoutimi suggère autour de huit rencontres s’étalant sur une période de un an, ce qui inclut des rencontres plus formelles, mais aussi des activités, des célébrations et autres.

« C’est important de varier », fait savoir Mylène Renaud.

Dans les paroisses

Les agents pastoraux sont ceux qui font le suivi entre l’évêché, les jeunes et leurs parents. Ce sont parfois des enseignants à la retraite, des bénévoles de longue date dans l’Église, etc. Bien qu’ils soient probablement tous animés du désir de bien faire, n’empêchent que tous ne possèdent pas les habiletés à animer des rencontres, expliquer les conceptions religieuses et stimuler une vie spirituelle chez les participants.

D’un autre côté, Mylène Renaud soulève aussi que les participants, surtout les parents, ont aussi du mal à sortir du carcan que l’Église a instauré avec les années.

« Les parents ont parfois l’attente que les rencontres se dirigent d’une telle ou telle manière et si on sort du cadre, ils sont parfois inconfortables et n’interviennent pas. […] Un parent qui fait baptiser son enfant sans être très croyant va avoir du mal à le dire comme si nous étions juges, alors que la motivation ne doit pas être jugée. »

Malgré tout, Mylène Renaud garde espoir que la situation s’améliore. Elle travaille sur des initiatives comme le Festival Humanités ou les Journées sociales, qui lui démontrent que l’ouverture et le cheminement de soi sont chose possible.

Unité Sud du Lac

Chaque paroisse décide plus précisément de la démarche qui sera utilisée pour la réalisation des sacrements.

« Nous ici, nous avons dû harmoniser nos façons de faire car nous sommes passés de six paroisses à 9 », explique l’agente de pastorale et coordonnatrice de l’Unité Sud du Lac, Josée Desmeules.

« On constate effectivement qu’il y a une baisse dans les inscriptions. Certains choisissent de recevoir leur sacrement plus tard. D’autres veulent faire choisir leur enfant », croit-elle.

Josée Desmeules pense aussi que les parents et les enfants ne veulent pas s’investir.

« Ils sont prêts à s’investir pour des cours de piano ou du sport, mais pour ça c’est différent. »

Une année de formation pour suivre Éveil à la foi est offerte à partir de 8 ans (3e année). C’est un préalable pour pouvoir suivre Pardon communion à 9 ans (4e année) et être confirmé à l’âge de 11 ans (6e année).

 

 

 

 

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