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Publicités de casino en ligne: « le gouvernement devra légiférer »

Yohann Harvey Simard
Le 14 mars 2021 — Modifié à 20 h 54 min le 14 mars 2021
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Les publicités de jeu de casino en ligne sont de plus en plus nombreuses à la télévision, notamment lors des évènements sportifs. Cette tendance soulève d’ailleurs des réflexions chez les intervenants en dépendance.

Trium Médias a discuté avec le Service d’Information et d’Intervention en Toxicomanie (S.I.I.T.) à Alma, un centre d’aide contre les dépendances.

« Je pense qu’il y a un problème qui est en train de se créer avec ces publicités. Je suis d’avis qu’il faudra légiférer de ce côté-là, concernant les pubs, à même titre que ce qui a été fait pour les pubs de tabacs. Ce genre de publicités doit arrêter», mentionne la directrice du S.I.I.T. Manon Martin.

Cette dernière, appuyée par son collègue intervenant Martial St-Gelais, est d’avis que de cibler ces publicités lors d’évènements sportifs est également un problème.

« Ça cible directement le groupe de gens le plus susceptible à essayer les casinos en ligne et créer une dépendance. Ça encourage ces gens à ce type de consommation qui peut entrainer de gros problèmes financiers », ajoute-t-elle.

De plus, le contexte de pandémie actuel est un gros facteur dans la chute des gens vers les dépendances.

« Depuis que nous sommes confinés, on a tendance à consommer plus. Le jeu peut devenir un réconfort ou une manière de passer le temps pour une personne. Donc quand les gens voient les pubs à la télé, ils essaient les jeux, et graduellement, le montant d’argent qu’ils mettent en jeu devient de plus en plus gros », explique Martial St-Gelais.

Cachette

La pandémie a également poussé les gens qui se rendaient directement dans les casinos ou dans les bars, à jouer en ligne sur leur cellulaire ou ordinateur. Il est donc maintenant beaucoup plus facile de cacher sa dépendance.

« C’est facile de garder ça secret quand on est sur notre cellulaire. Nos proches ne remarquent pas nécessairement ce que nous faisons sur nos appareils.»

Statistiques

En 2019, 6 % des interventions du S.I.I.T. concernaient les problèmes de jeu. En 2020, ce sont 4 % des cas qui concernaient la dépendance aux jeux.

« On s’attend à ce que ça augmente dans les prochaines semaines, les prochains mois. La pandémie et la hausse des publicités risquent d’avoir un gros impact. »

Pour ceux qui ont des problèmes de jeu, de consommation d’alcool ou de drogues, les centres d’interventions demeurent tous ouverts malgré la pandémie.

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