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Protection de la rivière Péribonka : Les élus veulent un pouvoir décisionnel

Le 23 septembre 2021 — Modifié à 16 h 44 min le 23 septembre 2021
Par Julien B. Gauthier

Alors que le gouvernement du Québec a annoncé son intention de protéger un territoire le long de la rivière Péribonka, les élus de la MRC de Maria-Chapdelaine réclament de se trouver à la table des décisions. Ils ne veulent pas d’une « cloche de verre » au-dessus du territoire à protéger.

Le gouvernement du Québec a annoncé, la semaine dernière, qu’il mettait fin aux opérations forestières qui étaient prévues dans le secteur de la rivière Péribonka et faisait du même coup connaître son intention de créer une aire protégée.

Les paramètres de cette aire protégée demeurent toutefois à établir et feront l’objet d’efforts de concertation avec les acteurs régionaux.

« Nous, on ne veut pas être consulté, on veut être impliqué dans la démarche. On veut être une partie prenante de la délimitation de ce territoire, de ce que ça peut être un parc régional en terre publique, ce que ça rapporte et quelles en sont les modalités. On s’attend d’avoir un très grand rôle à jouer dans ces espaces forestiers », a indiqué le préfet, Luc Simard.

Celui-ci est d’avis que de confier aux communautés la gestion, la protection et la mise en valeur de ce type de territoire est la meilleure façon de s’assurer que ce soit fait correctement.

« Et si on est gestionnaire de ce territoire et que la population n’est pas contente, elle viendra nous lancer des roches et on va les prendre, parce qu’on se sera trompé. Mais au moins on aura un pouvoir décisionnel et ce sera nos décisions. »

Cloche de verre

Les élus souhaitent éviter que l’on mette une « cloche de verre » au-dessus du territoire qui sera défini pour que l’on cesse ensuite toute intervention forestière. La protection du territoire n’est pas incompatible avec de la récolte forestière, estiment-ils.

« Cette forêt, elle provient d’une coupe. Et pourtant, elle est tellement belle que les gens veulent la protéger. Il doit y avoir moyen de faire de la récolte d’une façon sensée, d’une façon qui permette de protéger le potentiel de développement de ce territoire. »

Volumes de bois

« Si on veut assurer la pérennité de ce territoire dans le temps, il faut pouvoir intervenir. La tordeuse est présente et elle fait des ravages. Ce sont des volumes de bois importants qu’on perd pour rien si on ne va pas les récolter dans les temps. Il y a moyen de faire des interventions qui soient sensées. Le territoire forestier, on le jardine », souligne pour sa part le maire de Dolbeau-Mistassini et président d’Alliance forêt boréale, Pascal Cloutier.

Ce dernier estime qu’il y a, avec la protection du territoire de la rivière Péribonka, une opportunité d’instaurer un modèle qui soit différent.

« Je pense que ça va prendre un call du premier ministre à ce propos. Si le but ultime, c’est de mettre ce territoire sous une cloche de verre et d’éviter toute opération forestière, ça ne pourra pas fonctionner. Il y a plus de 80 projets d’aires protégées au Québec et une vingtaine dans la région, ce serait une perte nette trop importante de volumes de bois et c’est inquiétant. »

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