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La folie des lutins: Retour sur un conte de Noël signé Régis Tremblay

Le 07 janvier 2023 - Modifié à 11 h 44 min
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste

Des lutins qu’il faut capturer et qui manifestent leur affection en mettant les maisons sens dessus dessous une fois la nuit tombée. Certes originale, cette idée tout droit sortie de l’imagination de Régis Tremblay s’est surtout avérée très populaire. Quinze ans plus tard, le résident de Métabetchouan-Lac-à-Croix revient sur le phénomène qui a su égayer le Noël de milliers d’enfants à travers tout le Québec.

Tout commence en 2007 avec les deux petits-enfants de Régis Tremblay.

« On était allés à la boîte aux lettres ensemble, et il y avait un chat qui était passé à côté et qui avait laissé des traces par terre. Alors là, mes petits-enfants me demandent : “ c’est quoi ça, ces traces-là?”. Et puis, c’est sorti comme ça, j’ai dit : ça, ce sont des traces de lutins », se souvient celui que l’on appelle maintenant « le grand-père des lutins ».

Curieux, ses petits-enfants ne cessent ensuite de lui poser des questions sur l’existence des lutins. Questions auxquelles Régis Tremblay, comme par magie, trouve toujours réponse. Au fil des interrogations, les lutins joueurs de tours étaient nés.

Boule de neige

Sans surprise, les petits-enfants de Régis Tremblay n’ont pas tardé à répandre le nouveau conte de Noël dans les couloirs de leur école jusqu’à ce que celui-ci se rende aux oreilles des enseignants. S’en est suivi un effet boule de neige.

« Les enfants veulent tous des lutins. Ils veulent savoir comment en attraper », répétaient les enseignants à Régis Tremblay.

Quelques reportages médiatiques plus tard, les petits personnages espiègles étaient devenus un phénomène provincial.

« Je m’en fais encore parler chaque jour. J’ai même eu des appels de la France! J’ai passé des entrevues au Nouveau-Brunswick », affirme celui qui a fini par écrire deux livres sur l’histoire des lutins.

Des faux et des vrais lutins

Un des éléments importants dans le concept des lutins farceurs est qu’ils doivent être attrapés, et non achetés.

« Il faut que tu leur tendes un piège. T’as juste besoin d’un sac, d’un bâton et d’une sucrerie pour les appâter. »

Les lutins ne doivent pas être perçus comme de simples objets de consommation, mais bien comme des amis que l’on doit apprivoiser.

Ce qui est inestimable, dit-il, « c’est la réaction que les enfants ont quand ils réunissent à attraper un lutin, c’est merveilleux. Un lutin, ça s’achète, mais un vrai lutin, ça ne s’achète pas. Le vrai lutin, tu vas l’attraper. Et si tu l’attrapes dans ton sac, méfie-toi. S’il aime ta maison et que toi, tu lui donnes de l’amour, de l’affection et de la tendresse, il va toujours être avec toi, ton lutin, même si tu déménages. »

Toujours en vie

Selon le grand-père des lutins, c’est la dimension marchande qu’a prise son histoire qui a « tué les lutins ». Une business dont il n’a par ailleurs tiré aucun profit.

« Les gens me disent souvent que je dois être millionnaire, mais pas pantoute. Je n’ai jamais eu de commission sur la vente des lutins. Moi, je n’ai jamais fait ça pour l’argent. J’ai fait ça pour que les enfants et leurs parents aient du fun avec ça. »

Et quoiqu’ils aient perdu de leur popularité, les lutins sont toujours en vie et se sont même élevés au rang de tradition. Loin d’être sombrés dans l’oubli, ils s’immiscent encore dans plusieurs écoles et maisonnées à l’approche du temps des Fêtes, ce dont se réjouit leur créateur.

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