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Productrice de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix

L’avenir après la ferme: tourner la page en douceur

Le 30 juillet 2026 — Modifié à 08 h 24 min
Par Emmanuelle LeBlond - Journaliste de l'initiative de journalisme local (IJL)

Vendre la ferme familiale, ce n’est jamais anodin. À Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, Louise Gagnon a façonné sa vie autour de ses framboisiers, en y consacrant son cœur, son énergie et une part d’elle-même. Lorsque l’heure de la retraite a sonné, le soutien de Lise Bates, travailleuse de rang, lui a permis de traverser cette transition et d’envisager l’avenir avec douceur.

Les dernières années de Louise Gagnon ont été rythmées par les saisons de la ferme. Elle a évolué dans cet univers par pure passion, portée par le désir d’offrir des produits de qualité et d’accueillir les familles du coin pour la cueillette des framboises.

Il y a 25 ans, Louise Gagnon a repris les rênes de la ferme familiale. « La framboisière existe depuis 40 ans, dit-elle. Mon père a racheté la ferme de l’Office du crédit agricole. Il avait soumissionné. Il ne pensait pas l’avoir… et il l’a eu. Il était dentiste. Il se demandait quoi faire comme projet, tout en travaillant. Il a décidé de se former auprès des agronomes. On a commencé à planter des framboises. »

Louise Gagnon se souvient des étés où, adolescente, elle donnait un coup de main à la ferme. En regardant le terrain aujourd’hui, elle repense aux épinettes qu’elle a plantées de ses mains depuis maintenant des décennies.

C’est en 2001 qu’elle a racheté l’entreprise, faisant le choix d’opérer la framboisière en solo. La productrice a jonglé pendant toutes ses années avec un autre emploi à temps plein. « J’ai pris toutes mes vacances de mon emploi pour travailler sur la ferme. Je n’ai pas voyagé. »

Le mode de vie sur une ferme est demandant, autant physiquement que mentalement, reconnaît-elle. Achat de matériel, réparation des clôtures, planification du calendrier et des réserves, anticipation de la météo : rien ne s’arrête. Au cœur de la cadence, sa passion ne faiblissait pas.

Il y a quelques années, Louise Gagnon a commencé à penser à la retraite. « Même si on ne le veut pas, un moment donné, on atteint l’âge. Le niveau d’énergie commence à baisser. Beaucoup de personnes peuvent se rendre au bout de leurs ressources et se rendre à l’épuisement total. Parfois, c’est très long s’en remettre », souligne-t-elle.

La productrice s’est inscrite en 2020 au programme L’Arterre qui propose un service de maillage axé sur l'accompagnement et le jumelage entre aspirants-agriculteurs et propriétaires.

Louise Gagnon croyait que la recherche d’une relève prendrait plusieurs années, ce qui lui laisserait le temps de préparer sa transition. À sa surprise, deux jeunes femmes ont récemment manifesté leur intérêt. La vente de la ferme était soudainement réelle.

Nouvelle trajectoire

La productrice de 66 ans a demandé de l’aide pour l’éclairer pour la suite de son parcours. « J’ai décidé de mettre les tabous de côté. C’est important de s’ouvrir, sinon on reste seule. J’étais dans le néant et dans la noirceur. Je vivais de l’anxiété. »

Louise Gagnon a fait une rencontre déterminante, celle de Lise Bates, travailleuse de rang pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean chez l’organisme Au coeur des familles agricoles (ACFA). Cette dernière offre un soutien psychosocial, gratuit et confidentiel, aux producteurs agricoles.

Un lien de confiance s’est rapidement développé entre les deux femmes.

Ensemble, elles ont exploré différents scénarios, permettant à Louise Gagnon de faire des prises de conscience importantes sur son avenir. Au fil des mois, des pistes se sont dessinées. Et, comble de bonheur, la productrice a trouvé sa voie : vendre sa ferme pour se construire une maison à Métabetchouan–Lac‑à‑la‑Croix.

L’accompagnement de Lise a permis à Louise Gagnon de voir la vente de sa ferme autrement : non pas comme une conclusion, mais comme un nouveau départ.

Même si plusieurs étapes restent à franchir, la sexagénaire se sent désormais mieux outillée pour avancer. Elle sait qu’elle pourra compter sur l’appui de la travailleuse de rang.

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