La travailleuse de rang Lise Bates va à la rencontre des producteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour les soutenir dans les moments les plus difficiles. Sa présence fait une réelle différence pour ces hommes et ces femmes aux réalités agricoles souvent exigeantes.
La santé mentale des agriculteurs demeure une préoccupation pour la Fédération de l'UPA Saguenay – Lac Saint Jean, fait savoir le président Jean-Thomas Maltais. « Il y a tout le temps un secteur de production où ça va plus mal que les autres. Il y en a que ça va bien également. Certains ont beaucoup de pression ces temps-ci avec les augmentations du prix de l’essence, des intrants et des engrais. Présentement, ça met une pression supplémentaire. »
Des initiatives ont d’ailleurs été mises en place pour soutenir les producteurs en détresse. L’organisation régionale assume une partie des coûts liés aux services psychosociaux offerts par l’organisme Au cœur des familles agricoles (ACFA).
Depuis trois ans, Lise Bates couvre le territoire comme travailleuse de rang. Elle sillonne la région pour rencontrer les producteurs en difficulté. Et à ses yeux, les besoins dans le milieu agricole sont assez criants.
Défis du quotidien
Ceux qui œuvrent en agriculture font face à des enjeux qui leur sont propres, indique la travailleuse de rang. « Ils doivent composer avec une réalité où ils ont très peu de contrôle sur les éléments qui les entourent, comme la météo, la machinerie qui brise, les animaux qui tombent malades ou encore les taux d’intérêt. »
Sur une ferme, les frontières entre vie familiale et travail sont minces, ce qui peut alimenter des tensions entre les générations. « La vision de la paternité a changé. Les jeunes agriculteurs veulent être présents pour leurs enfants. Pour la génération précédente, c’était souvent perçu comme une responsabilité féminine. Il y a un clash », explique-t-elle.
À cela peut s’ajouter une charge de travail qui peut devenir accablante. « Il ne faut pas que leur passion devienne leur prison. Ils doivent prendre soin d’eux et de leur hygiène de vie au quotidien. »
Lise Bates observe que l’isolement guette rapidement les agriculteurs, surtout au Lac-Saint-Jean, où certains ne sortent presque jamais de leur ferme pendant de longues périodes.
C’est dans ce contexte que de nombreux producteurs en viennent à vivre du stress, de l’anxiété ou même des épisodes dépressifs.
Démarche d’accompagnement
Avec une approche de proximité, Lise Bates réalise des rencontres individuelles, familiales, de couple ou de groupe. Sans limite de temps, elle s’adapte au rythme et aux besoins de chacun.
Elle établit ensuite un plan d’action en fonction de leur réalité. « Je n’ai pas de baguette magique. Je ne suis pas là pour régler les problèmes à leur place. Mon rôle, c’est de les accompagner pour qu’ils trouvent leurs propres solutions. Je fais le pont avec des ressources parfois plus spécialisées. »
Et son travail fait une réelle différence sur le terrain. « Ma paie, c’est la reconnaissance que je reçois. Le fait que les gens me laissent entrer chez eux, qu’ils m’ouvrent leurs portes. Ils me confient leur détresse, leur souffrance… et surtout, ils me font confiance. »
Lise Bates rappelle que demander de l’aide est un signe de force. « C’est un cadeau qu’on s’offre. »
Pour toute demande, il est possible de contacter l’ACFA au (450) 768-6995.