Martine Ouellet, cheffe du parti émergent Climat Québec, était de passage à Alma ce matin. En conférence de presse, cette dernière a notamment insisté sur l’importance d’exiger aux multinationales telles que Rio Tinto et Domtar de respecter leur part du contrat social dont elles bénéficient depuis des décennies. La cheffe estime notamment qu’il est urgent de se préoccuper de l’utilisation que ces entreprises font de l’électricité qu’elles génèrent.
« Lors de la nationalisation de l’électricité, il y a eu un pacte social pour ne pas nationaliser les barrages hydroélectriques du Saguenay-Lac-Saint-Jean, surtout avec Rio Tinto, et dans une moindre mesure, avec ce qui est aujourd’hui Domtar », affirme celle qui a été ministre des Ressources naturelles pour le Parti Québécois durant l’ère de Pauline Marois.
Selon Martine Ouellet, ce pacte, ou contrat social, reposait sur le fait qu’à l’époque, les multinationales s’engageaient à maintenir un certain nombre d’emplois et de retombées économiques régionales en échange d’une électricité à « très bas prix ». Or, observe-t-elle, dans le cas de Rio Tinto, auparavant Alcan, le nombre d’emplois n’a cessé de décroître depuis la nationalisation de l’électricité, pour atteindre une moyenne d’environ 4 300 emplois dans la région au cours des dernières années. Par conséquent, la cheffe de Climat Québec estime que les avantages fiscaux liés à la production d’électricité de Rio Tinto, qui représenteraient une subvention d’environ 1,2 G$ par année, ne sont plus légitimes. « Ce n’est pas normal, dit-elle, de maintenir un avantage aussi grand pour une multinationale étrangère. »
Martine Ouellet soutient avoir de bonnes raisons de penser que l’on assiste actuellement à une privatisation progressive de la vente d’électricité au Québec. Elle estime que la nouvelle Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques jette ni plus ni moins les bases d’un « retour des trusts d’électricité ».



