Chroniques

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L’importance de «se lancer»

Le 30 janvier 2025 — Modifié à 11 h 08 min
Par Roger Lemay

Ce ne sont pas tous les représentants du peuple qui ont la même importance. Exemple, pouvez-vous nommer votre sénateur? Celui qui représente votre circonscription?  D’ailleurs, ne pouvez-vous que nommer cette circonscription, qui, en termes de langage politique, est une division? Et bien sachez qu’il s’agit de la division sénatoriale des Laurentides, qui inclut Québec, Charlevoix, la Côte-Nord et le Saguenay-Lac-Saint-Jean, et que « notre représentant » est l’ancien ministre libéral Pierre Moreau. Je n’ai rien contre l’homme, mais contre la fonction. Pour moi, le Sénat est une institution archaïque. Une relique du passé bien inutile. Que donne le travail de représentation de Pierre Moreau pour la région jusqu’à maintenant? Les sénateurs ne sont pas élus mais nommés, un accroc à la légitimité démocratique. Le Sénat coûte cher, 127 millions l’an dernier, et chaque sénateur, nommé jusqu’à l’âge vénérable de 75 ans, gagne 180 000 dollars par an, et davantage si on lui confère des responsabilités. L’abolition pure et simple de la chambre haute est réclamée depuis longtemps par les nationalistes québécois. Mais c’est compliqué, très compliqué… Surtout en raison du cadre constitutionnel. Abolir le Sénat nécessiterait une modification constitutionnelle majeure. Pour faire court, l'approbation des deux chambres du Parlement ainsi que l'accord d'au moins sept des dix provinces représentant au moins 50 % de la population canadienne, la fameuse 7/50. Et, semble-t-il, les Canadiens anglais sont encore bien attachés à leur Sénat…

À mon sens, il s’agit donc des représentants les plus loin du peuple, les plus proches étant les élus municipaux. Or l’élection municipale s’en vient à grands pas, dans 10 mois, et on ne peut qu’espérer que de nouveaux noms sortiront au cours des prochaines semaines, des nouvelles personnes intéressées à se lancer à la mairie. À Saguenay, pour l’instant, il n’y a que 3 candidats connus, incluant la mairesse sortante Julie Dufour. Et à chaque élection je me fais la même réflexion; où sont les gros noms? Celles et ceux de fort calibre, susceptibles de rallier un conseil et d’appliquer un plan réaliste et concret pour faire avancer la ville. Où sont celles et ceux qui ont eu du succès en entreprise, en droit, les bâtisseurs dont les réalisations parlent, les leaders-nés? La fonction et le salaire (qui frôle les 200 000 dollars) n’attirent donc pas les meilleurs? Rien à redire des candidats Jacques Pelletier et Christine Basque qu’il faut au contraire remercier d’oser offrir leurs services.

Je l’ai déjà écrit dans cette colonne, le conseil actuel est devenu dysfonctionnel, désorganisé et désuni. Malheureusement rien n’indique que le navire, à la dérive, pourra bientôt naviguer efficacement au près. Des noms? J’en ai certainement en tête, parce que soit je les connais personnellement, soit je connais leurs réalisations et l’importance qu’ils ont eue pour leur organisation.

On dit que nous avons les élus que nous méritons. Encore faut-il avoir un choix de personnes à élire, avec une diversité de programmes, de bagages et de points de vue. Force est de constater que la politique municipale est devenue un domaine mal aimé. Devant les menaces de certains citoyens, face à des internautes anonymes et agressifs, y’a de quoi vouloir rester en retrait. Et puis les notions de service public, d’entraide et de communauté ne résonnent plus aussi fort qu’avant dans un monde devenu très individualiste, malgré que technologiquement avancé. On joue au solitaire tout le monde en même temps chante Louis-Jean Cormier…

Mais attendons encore. Il reste quand même du temps.

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