Une alternative légale pour contrer le travail au noir à domicile

Une alternative légale pour contrer le travail au noir à domicile

Jikaël Gagnon-Tremblay, directeur Qualité-Développement; Mario Lamontagne, nouveau président de la Coop ainsi que Patrick Savard, directeur général.

Crédit photo : TRIUM MÉDIAS - France Paradis

On estime entre 66 % et 80 % la quantité de travail à domicile qui se fait encore au noir. Afin de contrer ce phénomène, la Coopérative de services à domicile Lac-St-Jean-Est se propose comme une alternative, voit même une opportunité pour les gens qui veulent que le travail au noir sorte de la clandestinité.

En 1996, on créait du réseau des entreprise d’économie sociale d’aide à domicile (EÉSSAD). Et en 1997, le gouvernement créait le Programme d’exonération financière pour les services d’aide à domicile, accordant un minimum de 4 $ pour un client qui fait affaire avec une EÉSSAD. Cette politique vise directement à aider les personnes à faible revenus, mais surtout, pour contrer le travail au noir.

À ce chapitre, la Coop de services à domicile de Lac-St-Jean-Est a largement fait ses preuves. Elle fait partie des trois plus importantes entreprises au Québec. Avec plus de 2100 membres, l’an dernier, elle a livré plus de 235 000 heures de travail avec plus de 230 employés générant un chiffre d’affaires de plus de 6 M $ par année.

Elle offre le service dans huit résidences privées, trois ressources intermédiaires et plus de 1300 foyers privés.

« Le message que l’on veut passer, 20 ans plus tard, c’est que le programme a été créé pour contrer le travail au noir, mais cette réalité-là existe encore aujourd’hui. On ne veut pas attaquer le travail au noir et frapper sur la tête du pauvre monde », lance Patrick Savard, directeur général de la Coop.

« On veut dire aux gens que l’on est une alternative, voit même une opportunité aux gens qui veulent être socialement acceptés. Au niveau fiscal, quand tu es dans l’économie clandestine, tu as moins de protection, tu collabores moins au collectif de la société. Il y a aussi tout le côté légal. »

Il y a également toute la question de responsabilité. Au noir, il n’y a pas d’assurance, pas d’avantages sociaux et surtout, pas de recours possibles en raison de l’absence de contrat entre les parties comme le stipule le Code civil du Québec.

Nouveau créneau

Déjà présent dans de nombreux secteurs, la Coop développe maintenant le marché des ménages actifs, ce qui représente déjà quelque 10 % de son chiffre d’affaires.

« Notre cible de développement, ce sont les ménages actifs, les gens qui sont sur le marché du travail, des professionnels bien occupés avec des enfants et le travail. Faire le ménage, ça ne leur tente plus. On est conscient que ces gens-là font affaire avec le travail au noir à 15 $ ou 20 $ de l’heure. On voit là un créneau de marché intéressant que l’on peut concurrencer financièrement avec l’aide de départ de 4 $ accordé à tous nos clients, peu importe leurs revenus », précise Patrick Savard.

Passez du Noir au Bleu

La Coopérative de services à domicile Lac-St-Jean-Est invite autant les clients que les employés qui encouragent le travail au noir à quitter la clandestinité en passant au travail au bleu en faisant affaire avec la coop.

Tous les clients, peu importe leur salaire, ont droit au départ à la subvention de base de 4 $, montant qui peut aller jusqu’à 14 $ pour les personnes à faible revenu. Pour ceux de 70 ans et plus s’ajoute un crédit d’impôt de 35 %.

La coop offre des services d’entretien ménager, de grand ménage, de préparation des repas, de soins d’hygiène, de présence et surveillance, d’accompagnement/transport et d’entretien extérieur.

Chaque service est encadré dans un guide des services à domicile et fait l’objet d’un contrat en bonne et due forme reconnu par la Loi.

Avantages multiples

Le client est donc notamment assuré d’une qualité de service et un encadrement professionnel, une protection en responsabilité civile, une contribution sociale et une gestion des réclamation en cas de bris.

En incluant l’aide financière et les crédits d’impôt, le coût de revient se compare avantageusement aux tarifs versés au noir.

Pour les employés au noir qui voudraient joindre les rangs de la coop, ils ont droit à des salaires reconnus (convention collective), toute la gamme des avantages sociaux et diverses protections, des formations, les frais de déplacement ainsi que l’uniforme de travail en plus de faire partie d’une grande équipe.

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