Chroniques

Temps de lecture : 1 min 57 s

C’est ma fête

Le 04 septembre 2025 — Modifié à 14 h 05 min le 05 septembre 2025
Par Stéphanie Gagnon

Ce que vous lisez en ce moment est ma centième chronique. J’avoue que je ne pensais pas me rendre jusque-là, j’ai eu peur à certains moments de me faire arracher le clavier des mains.

(Y’a eu des passé-proches, mais chus encore là.)

Écrire dans un journal, ce n’est pas parler tout seul dans le vide. C’est tendre un fil invisible vers vous, les lecteurs, et espérer qu’il y ait quelqu’un au bout. Et il y en a, beaucoup plus que ce que je pensais quand j’ai commencé à me prêter à l’exercice. Vous m’avez fait parvenir vos échos, parfois enthousiastes, parfois grincheux. Je vous l’avoue: j’aime ça. Parce que si on écrit juste pour se faire applaudir, ça devient vite plate. Le choc des idées, ça brasse, ça fait réfléchir, et c’est exactement ce qui garde une communauté vivante.

Pis c’est le fun, d’écrire et de ne pas plaire à tout le monde. C’est un devoir de nommer les choses, et de mettre en débat ce qui mérite de l’être. C’est exactement ce que nos journaux permettent: offrir un espace vivant, loin du vacarme des réseaux sociaux et où les idées peuvent circuler avec respect. Et laisser des traces. Le corollaire de cette chronique, c’est le courrier du lecteur. Abusez-en ! Cet espace vous appartient !

Un ami éditeur m’a déjà dit que pour lui, un journal était un peu comme le perron de l’église. Dans le temps, c’est là qu’on échangeait avec nos concitoyens et qu’on se tenait au courant. C’est loin d’être fou comme allégorie, mais je préfère comparer mes belles gazettes à des feux de camp : on discute, on débat, et surtout, on est ensemble. (Ok, j’entends déjà les petits comiques répondre qu’en plus, on allume le feu avec ! Hihu. C’est pas faux. Sérieusement, que vous le brûliez, le compostiez, le recycliez, l’utilisiez comme fond de cage à perruches… Pourvu que vous le lisiez d’abord, la seconde vie que vous lui donnez m’importe peu).

Sans médias locaux, sans ce feu de camp, c’est la noirceur qui gagne. On perd nos histoires, nos débats, nos travers aussi. Pis éventuellement, notre démocratie. On le voit en ce moment même aux États-Unis, où l’administration Trump a voulu couper le financement de NPR et PBS et mettre la pression sur les stations locales affiliées à ABC et NBC. Là où les voix indépendantes s’affaiblissent, la démagogie trouve un terrain fertile…

Le feu doit rester allumé. Tout le temps. Et votre lecture, vos réactions sont autant de bûches qui le gardent vivant.

Alors merci. Merci de nous lire, même quand vous n’êtes pas d’accord. Merci de faire vivre ce lien précieux entre un journal et sa communauté.

Pis comme c’est ma fête, je fais un vœu: que nos idées continuent longtemps de se croiser.

Ça, et mettons, une fin de semaine au spa.

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