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Prévenir la mouche du bleuet : les protocoles de biosécurité sont la clé

Le 29 juillet 2022 — Modifié à 10 h 49 min
Par Serge Tremblay - Rédacteur en chef

Une fois qu’elle est introduite, la mouche du bleuet est là pour rester. Son éradication n’est pas possible, mais sa progression peut être ralentie et contrôlée avec de la vigilance et le respect scrupuleux de mesures de biosécurité.

« La mouche du bleuet est un ravageur qui se propage relativement lentement de façon naturelle. De ce fait, le plus grand risque à contrôler quant à sa dissémination est représenté par les activités humaines telles que le transport de fruits frais ou de machineries agricoles des milieux infestés vers tout autre milieu sain », explique Charles-A. Déry Bouchard, biologiste au Club Conseil Bleuet.

Celui-ci affirme que des protocoles de biosécurité comme le lavage systématique des boîtes et de la machinerie avant de se déplacer d’une bleuetière à l’autre doivent devenir une pratique incontournable. On évite ainsi d’introduire l’insecte dans de nouveaux milieux à risque.

L’installation de station de biosécurité à la sortie des bleuetières, pour du lavage sous pression par exemple, est l’une des méthodes clés qui permettront de ralentir la progression de l’insecte.

Charles-A. Déry Bouchard précise d’ailleurs que le Club Conseil Bleuet travaille actuellement sur deux modèles de station de biosécurité qui seront documentés et présentés aux producteurs à l’été 2023.

Vigilance

Pour le moment, on ne peut affirmer avec certitude que l’insecte est en progression dans la région, mais il est clair que certains secteurs sont plus fortement touchés.

« Le dépistage se poursuit à l’échelle régionale chaque année depuis 2020, et bien qu’il soit impossible pour l’instant d’avancer que les populations de mouche du bleuet augmentent à l’échelle régionale, celle-ci est déjà bien implantée dans certaines entreprises, particulièrement dans le secteur de la MRC Maria-Chapdelaine. »

Et Charles-A. Déry Bouchard est catégorique : une fois implantée, la mouche du bleuet ne disparaitra pas. On peut, au mieux, la contrôler et ce n’est pas sans impacts sur les milieux touchés.

« L’introduction de la mouche du bleuet dans les milieux naturels de production de bleuets nains pourrait avoir un impact environnemental et économique très important pour le Québec. En effet, alors que le bleuet nain est une culture qui reçoit peu ou pas de traitements insecticides, la dissémination de la mouche du bleuet pourrait changer le portrait et engendrer des applications systématiques d’insecticides parmi les plus à risque pour la santé et l’environnement. »

Dépistage

Les producteurs sont donc invités à prendre le dépistage très au sérieux, d’autant plus qu’une détection rapide permet de réagir avant que les dégâts ne soient trop importants.

« Les pertes de rendement peuvent être relativement minimes si on agit au bon moment, d’où l’importance du dépistage, souligne le président du SPBQ, Nicolas Pedneault. Si on ne fait rien, les pertes peuvent être très importantes, on parle même de la presque totalité d’une bleuetière. »

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