La campagne annuelle de la Loto-Vélo de la Véloroute des Bleuets est loin d’atteindre les résultats espérés cette année. À dix jours du tirage prévu le 27 juin, seulement la moitié de l’objectif de vente a été atteinte, une situation qui soulève des inquiétudes pour l’organisme.
La corporation espérait vendre 4 000 billets dans le cadre de cette campagne de financement, sa plus importante source de revenus autonomes. Or, en date du 17 juin, environ 2 000 billets avaient trouvé preneur.
« C’est la première fois qu’on n’atteindra pas l’objectif », constate le directeur général de la Véloroute des Bleuets, David Lecointre.
Pour tenter de rejoindre davantage de participants, l’organisation avait pourtant apporté plusieurs changements à sa formule cette année. Le prix du billet a été réduit de 80 $ à 60 $, la période de vente a été écourtée et déplacée au début de la saison estivale. Malgré ces ajustements, les ventes n’ont pas suivi.
Selon le directeur général, plusieurs facteurs pourraient expliquer cette baisse d’intérêt. Il estime notamment que les loteries traditionnelles attirent de moins en moins le public.
« On le constate en discutant avec d’autres corporations touristiques et organisations. Tout le monde a de la difficulté avec ce type de tirage. »
L’organisation a également modifié la nature du grand prix cette année. Constatant que les gagnants des éditions précédentes préféraient presque toujours l’argent comptant à la voiture offerte, la Véloroute a choisi de mettre en jeu uniquement une somme de 40 000 $. Une décision qui n’a toutefois pas permis d’améliorer les ventes.
La transition vers un système de vente entièrement numérique pourrait aussi avoir eu un effet. Les billets ne sont plus disponibles dans les commerces et aucun réseau de vendeurs bénévoles n’est mobilisé pour solliciter la population.
À cela s’ajoute le contexte économique actuel, dans lequel les gens coupent de plus en plus dans les dépenses.
Une source de revenus essentielle
La situation préoccupe d’autant plus la direction que la Loto-Vélo représente plus du quart du budget annuel de la corporation.
« La Loto-Vélo, c’est plus de 25 % de notre budget. Cet argent permet de maintenir des emplois à temps plein, de conserver la Véloroute en bon état et d’aller chercher de l’expertise dans différents salons et conventions », explique David Lecointre.
Comme l’accès à la Véloroute demeure gratuit, l’organisme doit trouver d’autres moyens de financer ses activités.
« On ne peut pas seulement s’appuyer sur les municipalités, l’industrie touristique et les commerçants. La population doit aussi être sollicitée à une certaine échelle pour permettre à la Véloroute de continuer d’exister. »
L’organisation dispose d’une réserve financière qui lui permettra d’absorber le manque à gagner en 2026. Toutefois, la situation force déjà une réflexion sur l’avenir.
« On va passer au travers grâce à un petit coussin financier, mais on ne pourra pas se permettre de manquer notre objectif financier deux années de suite. On devra revisiter notre modèle d’affaires pour les prochaines années. »
Pour renverser la tendance, la corporation entend analyser les anciennes formules qui ont fait leurs preuves et développer de nouvelles stratégies promotionnelles afin de mieux rejoindre ses utilisateurs.
« On doit se rapprocher davantage de nos usagers, trouver des idées promotionnelles qui les rejoignent plus et regarder avec nos collègues quelles solutions publicitaires pourraient fonctionner. On va ressortir les points forts des anciennes formules et s’en inspirer pour les prochaines campagnes », conclut-il.