La grève des ingénieurs du gouvernement du Québec commencera bientôt à entraîner des répercussions concrètes sur plusieurs projets d’infrastructure à Alma.
C’est ce qu’affirme le président de l’Association professionnelle des ingénieurs du Gouvernement du Québec (APIGQ), Marc-André Martin, dans une lettre envoyée à la mairesse d’Alma, Sylvie Beaumont, le 27 juillet, dont Le Lac-Saint-Jean a obtenu copie. Dans cette correspondance, Marc-André Martin soutient que les citoyens de la région subiront « malheureusement » les conséquences du conflit de travail qui oppose les quelque 1 900 ingénieurs de l’État au gouvernement du Québec.
Parmi les projets touchés figure la reconstruction du pont du boulevard des Cascades, situé sur la route 169 au-dessus du boulevard du même nom, ainsi que le réaménagement de l’intersection des rues Sacré-Cœur Est et Ouest. Selon l’APIGQ, les travaux devront être retardés ou reportés puisque les ingénieurs de l’État ne sont plus en mesure d’assurer la surveillance du chantier.
L’Association indique également que les travaux de planage et de pavage de l’avenue du Pont Nord devront également être reportés à une prochaine saison de travaux en raison de l’absence des ingénieurs.
Le conflit de travail pourrait aussi entraîner des conséquences sur le projet de construction de la route 170 à Saint-Bruno et de la route 169 en direction d’Alma. Bien que l’étude d’impact sur l’environnement ait été déposée en juin 2026 et que le projet, inscrit au Plan québécois des infrastructures, visait une mise en chantier dès 2030, la grève actuelle risque de ralentir les études d’avant-projet. Selon l’APIGQ, le début des travaux pourrait ainsi être repoussé d’au moins une année.
L’APIGQ indique aussi que les retards de chantiers, le report de projets et les répercussions économiques associées à la grève pourraient coûter des milliards de dollars au gouvernement du Québec. « Il est temps que le gouvernement prenne pleinement la mesure des conséquences de ses choix. », conclut Marc-André Martin.
Une intervention de la mairesse sollicitée
Dans sa lettre, Marc-André Martin lance également un appel à la mairesse d’Alma. Il estime que les élus municipaux peuvent jouer un rôle important dans le règlement du conflit et demande à Mme Beaumont d’intervenir auprès du gouvernement afin de favoriser une entente « rapide et équitable ».
« Nous avons malheureusement l'impression que le gouvernement mesure ce conflit davantage en fonction de ses considérations politiques et de ses communications qu'en fonction de ses conséquences réelles sur les citoyens et les infrastructures du Québec. », écrit-il.
Rappelons que les ingénieurs du gouvernement sont sans convention collective depuis plus de trois ans. Après l’échec d’une démarche de médiation, les membres de l’APIGQ ont déclenché une grève générale illimitée le 6 juillet dernier. Plus récemment, le Tribunal administratif du travail a conclu que le gouvernement avait manqué à son obligation de négocier de bonne foi.