Emmanuel Renaud, 28 ans, vit des journées bien remplies au cœur de l’action politique durant la présente campagne électorale. Originaire de L’Ascension, il est l’attaché de presse de Paul St-Pierre Plamondon.
Son travail l’amène à côtoyer le chef péquiste quotidiennement, à le suivre dans ses déplacements et à l’accompagner lors de ses activités médiatiques. Pour les téléspectateurs, Emmanuel Renaud est souvent celui qu’on toujours près de Paul St-Pierre Plamondon, son téléphone à la main.
« Je suis toujours près de lui pour enregistrer tout ce que le chef dit durant ses activités médiatiques », explique-t-il.
L’attaché de presse participe à l’organisation des points de presse, prépare les mêlées avec les journalistes et suit les principaux sujets de l’actualité afin d’anticiper les questions susceptibles d’être posées au chef.
Les journées commencent tôt. Dès le matin, l’équipe effectue une revue de presse afin de prendre connaissance des nouvelles et des enjeux qui pourraient retenir l’attention au cours de la journée.
« On doit parfois se lever à 4 ou 5 heures du matin », raconte Emmanuel Renaud.
Le travail se poursuit ensuite dans l’autobus de campagne, où l’équipe profite des déplacements pour préparer les interventions à venir. Les journées peuvent se terminer vers 20 h ou 21 h. En période électorale, toutefois, l’horaire ne s’arrête jamais complètement.
« Il y a toujours quelque chose. Les textos continuent aussi assez tard. Ça fait de bonnes journées », lance-t-il en riant.
Parcourir de longues distances
Ce rythme soutenu permet aussi au jeune homme de parcourir le Québec. Au cours d’un périple d’une dizaine de jours, il a notamment accompagné Paul St-Pierre Plamondon de Québec à Saint-Jérôme, Mont-Laurier, Val-d’Or, Lebel-sur-Quévillon et Chibougamau. L’équipe s’est ensuite dirigée vers Saint-Félicien, Jonquière et Québec, avant de visiter le Bas-du-Fleuve. Au moment de l’entrevue, Emmanuel Renaud se trouvait à Longueuil.
Malgré la pression et les déplacements constants, il apprécie la relation qu’il entretient avec le chef péquiste. Il décrit Paul St-Pierre Plamondon comme un dirigeant exigeant et rigoureux, des qualités qui poussent toute l’équipe à se dépasser.
« On en donne toujours plus », affirme-t-il.
La campagne permet également de vivre des moments plus légers. À Chibougamau, Emmanuel Renaud, qui est un joueur de quilles, a participé à une compétition amicale avec le chef du Parti québécois dans un salon de quilles. Il en est sorti vainqueur.
Formé en journalisme, l’attaché de presse estime que ses études l’aident grandement dans ses fonctions. Elles lui permettent notamment de mieux comprendre la réalité des journalistes et les contraintes auxquelles ils doivent composer.
« J’essaie de m’ajuster en tenant compte des conditions qu’on doit respecter de notre côté. J’adore faire des relations médias », dit-il.
Un exercice exigeant
Préparer un chef à répondre aux questions des médias demeure toutefois un exercice exigeant. Les journalistes peuvent poser des questions complexes ou tenter d’amener les politiciens sur des sujets inattendus. L’équipe doit donc prévoir les différents scénarios, en collaboration avec l’équipe de recherche du parti.
« Des fois, il arrive des sujets qu’on n’avait pas prévus. C’est pour ça que c’est important de bien préparer le chef », explique Emmanuel Renaud.
Ce dernier ajoute qu’entre les longues heures de travail, les déplacements et l’intensité des rassemblements, la campagne lui fait traverser toute une gamme d’émotions. Lui et les membres de l’équipe du chef peuvent passer d’une séance de travail dans l’autobus à l’accueil enthousiaste de dizaines, voire une centaine de militants quelques minutes plus tard.
Il faut dire que l’intérêt pour la politique d’Emmanuel Renaud ne date pas d’hier. Il suivait déjà l’actualité avec beaucoup d’attention durant son enfance à L’Ascension-de-Notre-Seigneur.
« D’aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours intéressé à l’actualité et à la politique. Mes parents me disaient que je m’endormais devant le TVA Nouvelles quand j’étais petit », raconte-t-il.
À la maison, la politique occupait également beaucoup de place. Il en discutait avec son père et les membres de sa famille. Son oncle Claude, qui a été maire de la municipalité à l’époque, lui a aussi permis de côtoyer de près cet univers.
Issu d’une famille qui était « très PQ », Emmanuel Renaud voulait travailler dans le monde politique, mais ne savait toutefois pas encore comment y parvenir Du journalisme à la politique À la fin de ses études secondaires, il choisit d’abord la voie du journalisme en étudiant en ATM. Il poursuit ensuite son parcours à l’Université Laval, où il obtient un baccalauréat en sciences politiques.
Avant de se retrouver derrière les coulisses d’une campagne électorale, il fait toutefois un détour par le terrain journalistique. Pendant environ un an, il travaille en Gaspésie pour TVA. L’expérience lui permet de confirmer que son intérêt pour la politique est bien réel.
Aile parlementaire
En 2022, il entreprend donc des démarches auprès du Parti québécois. C’est finalement Alexis Deschênes, alors candidat du PQ, qui lui ouvre la porte vers l’aile parlementaire à Québec. Emmanuel Renaud devient alors attaché de presse pour les médias régionaux de l’aile parlementaire du Parti québécois et participe à la campagne électorale de 2022.
À l’époque, l’équipe compte seulement quelques personnes et Emmanuel Renaud travaille avec l’ensemble des députés. Le PQ fait élire trois députés. Au cours des quatre années suivantes, le nombre de représentants du parti à l’Assemblée nationale augmente et les responsabilités d’Emmanuel Renaud aussi. Il devient attaché de presse pour l’ensemble des députés, incluant progressivement le chef, Paul St-Pierre Plamondon.
Puis arrive la campagne électorale actuelle et il est affecté exclusivement auprès du chef du Parti québécois.
« Je suis privilégié de vivre ça. C’est une expérience dont je vais me rappeler longtemps », affirme-t-il.
Même s’il vit maintenant à Québec, le jeune homme se dit profondément attaché à sa région natale.
« Je suis fier de dire que je viens de L’Ascension. Le Lac-Saint-Jean, je l’ai tatoué sur le cœur. »
Il tente d'ailleurs de retourner régulièrement voir ses parents. Sa copine étant elle aussi originaire du Lac-Saint-Jean, les occasions de revenir dans la région sont nombreuses.
Pas question de passer devant la caméra
Même s’il a maintenant accès aux coulisses du pouvoir, Emmanuel Renaud ne se voit pas pour autant passer de l’autre côté de la caméra. Devenir candidat n’est pas dans ses plans.
« J’admire beaucoup ceux et celles qui le font, mais ce n’est pas une de mes aspirations », dit-il.
Ce qui le passionne demeure plutôt le travail de relations avec les médias et tout ce qui se déroule derrière les projecteurs. Il souhaite donc poursuivre dans cette voie encore quelques années, tout en étant conscient des exigences du métier.
« On ne se le cachera pas : c’est une job assez exigeante. »
Pour l’instant, il accepte volontiers ce rythme. Mais il sait aussi que ses priorités pourraient évoluer avec le temps.
« Si un jour j’ai une famille avec des enfants, on verra. »



