Les PME de la région et l’économie locale pourraient être menacées par l’arrivée de grands projets, selon deux entrepreneurs de Saguenay, ce qui les rend ainsi réticents à cette idée.
C’est ce qu’ont laissé entendre le président et chef de la direction de STC Manufacturier, Martin Ouellet, ainsi que le contrôleur financier chez Coupesag, Nicolas Pelletier, en entrevue au Téléjournal Saguenay–Lac-Saint-Jean de Radio-Canada.
« C’est clair que la grande entreprise, les grands projets, nous font très peur actuellement. Ces types d’entreprises-là viennent souvent recruter dans les PME parce que les gens y sont déjà formés. Leurs salaires sont [meilleurs]. Donc, oui, il y a de l’inquiétude à ce niveau-là pour nos entreprises », dit Nicolas Pelletier.
Pour le président de STC Manufacturier, il est préférable de mettre toute l’énergie et les moyens disponibles sur les entreprises déjà existantes.
« On a de belles PME, occupons-nous des PME qui sont en place, qui génèrent déjà de l’argent. On ne veut pas déshabiller Paul pour habiller Jacques, ce n’est pas ça qu’on veut, ce n’est pas ça qui est souhaitable. On a déjà nos entreprises qui fonctionnent. »
Des projets tels que GNL Québec, alors envisagé il y a quelques années, avaient été jugés comme une menace pour les entreprises déjà établies et dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre par un collectif d’économistes, puisque celui-ci se serait nourri des employés déjà en poste dans la région pour constituer son propre effectif.
« On peut réfléchir pour le futur, mais actuellement, on veut un moratoire pour les gens qui sont ici. Je pense que c’est important pour le futur dans nos entreprises manufacturières », ajoute Nicolas Pelletier.
Selon eux, la pénurie de main-d’œuvre se fait grandement ressentir et ils voudraient également voir le dossier de l’immigration économique abordé davantage au sein de la campagne électorale afin de trouver des solutions adaptées à leur réalité.
« Ça fait deux ans, nous, qu’on milite par rapport à ça, qu’on informe le gouvernement et il y a peu de choses qui se sont passées jusqu’à date. Pendant la campagne électorale, on a parlé un petit peu d’immigration au début de la campagne, mais là, c’est complètement exclu au niveau de l’immigration, mais surtout des travailleurs étrangers temporaires, au niveau des immigrants économiques », témoigne finalement M. Ouellet.



