Un sondage réalisé par la firme SOM auprès de 2 800 parents québécois met en lumière que la coparentalité, soit la capacité des parents à faire équipe pour leurs enfants, fait face à de nombreux défis.
Parmi ceux-ci, une large proportion des coparents (76 %) croit que la société québécoise continue de douter davantage des compétences des pères que de celles des mères.
Par ailleurs, le sondage met en évidence des écarts marqués dans la perception du partage des responsabilités domestiques et de la charge mentale. Ainsi, 77 % des femmes affirment qu’elles reposent principalement sur leurs épaules, tandis que 45 % des hommes estiment qu’elles sont réparties équitablement.
Les difficultés liées à la coparentalité sont encore plus prononcées dans certaines réalités familiales. Les familles monoparentales, recomposées ou à plus faible revenu présentent des indicateurs moins favorables, notamment en ce qui concerne le sentiment d’être respecté, écouté et soutenu. Elles éprouvent également davantage de difficultés à s’entendre sur le partage des responsabilités et les décisions éducatives.
Enfin, les responsabilités parentales demeurent une source importante de stress pour certains groupes. Les belles-mères, par exemple, sont particulièrement touchées : 27 % d’entre elles déclarent ressentir une forte pression liée à leurs responsabilités. Le même constat s’applique aux parents ayant traversé des séparations conflictuelles, dont 23 % évoquent un stress élevé.
Soutenir la coparentalité
De plus, 80 % des répondants estiment que des mesures comme l’allongement des congés de paternité, une meilleure reconnaissance des besoins des pères et coparents en contexte de deuil périnatal ou encore une sensibilisation accrue des intervenants lors des séparations auraient un effet bénéfique sur leur capacité à prendre soin de leurs enfants.
Au-delà des mesures spécifiques, le principe même de la coparentalité fait largement consensus. Une écrasante majorité, soit 95 % des répondants, affirme que le fait de « faire équipe » entre parents constitue un facteur déterminant dans le développement de l’enfant. Dans la même lignée, 93 % des participants au sondage estiment que la coparentalité contribue à un meilleur partage de la charge mentale.
« Les parents nous disent qu’ils veulent être mieux soutenus pour faire équipe, et ce, à toutes les étapes de la trajectoire familiale », souligne Raymond Villeneuve, directeur général du Regroupement pour la Valorisation de la Paternité.
Que ce soit en périnatalité, en période de rupture conjugale, dans les milieux de travail ou au sein des services publics, la coparentalité devrait, selon lui, devenir « un réflexe collectif ».
« Soutenir la coparentalité impose une réflexion tant à l'échelle des politiques publiques qu'à celles des pratiques des intervenantes et intervenants qui gravitent autour des familles. Pour mieux appuyer les parents, il faut des politiques et des services suffisamment souples, inclusifs et adaptés. », conclut-il.