Devant l'absence d'une nouvelle réforme du régime forestier au Québec, des représentants de divers horizons ont choisi de mettre de côté leurs divergences afin de réfléchir ensemble à l'avenir des forêts québécoises, rapporte Radio-Canada. Syndicats, Premières Nations, groupes environnementaux et acteurs du secteur récréotouristique travaillent de concert pour élaborer des solutions durables qui permettront de protéger les écosystèmes tout en assurant la pérennité des emplois.
Le retrait du projet de loi 97 par le gouvernement de la Coalition avenir Québec, en septembre 2025, à la suite d'une importante contestation, a servi de déclencheur. Plutôt que d'attendre une nouvelle initiative gouvernementale, une vingtaine de représentants se réunissent chaque mois afin de préparer un document de recommandations destiné au prochain gouvernement.
À l'origine de cette démarche se trouve Nature Québec. Si les grandes entreprises forestières, comme Domtar, n'y participent pas, certaines plus petites entreprises prennent part aux discussions de façon ponctuelle.
Pour les membres du comité, un constat s'impose : le régime forestier actuel ne répond plus aux besoins du Québec. Daniel Cloutier, directeur québécois d'Unifor, estime notamment qu'il faut revoir le modèle économique de l'industrie en misant davantage sur la transformation du bois. Selon lui, le Québec doit aller au-delà de la simple production de bois d'œuvre ou de papier et développer des matériaux de construction innovants qui contribueront également à réduire l'empreinte carbone des bâtiments.
Le chef Anishnabe de Lac-Simon, Lucien Wabanonik, souligne qu'il s'agit d'une première de voir autant d'acteurs issus de milieux différents travailler vers un objectif commun. S’il dit comprendre les préoccupations des travailleurs, il rappelle toutefois que la reconnaissance des droits ancestraux demeure essentielle.
Même si le projet de loi 11, qualifié de mini-réforme du régime forestier, a été adopté à la mi-juin, les membres du regroupement jugent les mesures proposées insuffisantes. Ils réclament une vision à long terme, une meilleure planification des coupes forestières et une gestion de la ressource qui s'étende sur plusieurs décennies.
À l'approche des prochaines élections provinciales, le collectif souhaite faire de la forêt un enjeu incontournable du débat public. Les associations récréotouristiques affirment également être enfin entendues, après avoir eu le sentiment d'être mises de côté lors des consultations du gouvernement précédent.
Le directeur général de la Fédération des pourvoiries du Québec, Dominic Dugré, rappelle que les pourvoiries étaient pratiquement absentes du projet de loi 97. Selon lui, sans une représentation forte du secteur touristique, les territoires protégés risquent de subir une pression croissante liée aux activités forestières.
Le groupe entend poursuivre ses rencontres au cours des prochains mois et déposer ses recommandations au gouvernement qui sera élu afin de contribuer à une réforme durable du régime forestier québécois.