Plusieurs chasseurs et agriculteurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean saluent la décision d'Environnement Canada d'autoriser la chasse à la grue du Canada dès l'automne prochain.
Du 12 au 25 septembre, les chasseurs pourront ainsi prélever une grue du Canada par jour dans le cadre d'un projet pilote mis en place par l'agence fédérale, rapporte Radio-Canada. L'objectif est de mieux contrôler les populations de grues dans la région et de réduire les pertes subies par les producteurs agricoles. Cette mesure, qui sera également appliquée en Abitibi-Témiscamingue.
Plusieurs agriculteurs considèrent cette initiative comme une réponse concrète aux dommages causés par ces oiseaux. Contrairement aux oies ou aux bernaches, qui fréquentent généralement les champs déjà récoltés à l'automne, les grues du Canada sont en mesure de se poser dans cultures qui non pas encore été récolté grâce à leurs longues pattes. Elles peuvent ainsi pénétrer au cœur des champs d'avoine, de blé ou d'orge, où elles se nourrissent et piétinent les plants, parfois sans que les producteurs ne s'en aperçoivent immédiatement.
La chasse expérimentale sera donc menée sur une période de deux ans avant de faire l'objet d'une réévaluation. Environnement Canada souhaite ainsi s'assurer que cette pratique demeure compatible avec la conservation de l'espèce à long terme.
Malgré son appui au projet, le président de l'Union des producteurs agricoles du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Jean-Thomas Maltais, demeure septique quant à ses effets réels. Selon lui, il est peu probable que la chasse entraîne une diminution marquée du nombre de grues dans la région, alors que certains producteurs observent la présence de plusieurs centaines d'individus dans leurs champs.
Il rappelle également que les grues ne sont pas les seules à causer des pertes agricoles. D'autres oiseaux migrateurs, notamment les oies des neiges et les bernaches, contribuent eux aussi aux dommages observés dans les champs du Saguenay-Lac-Saint-Jean.