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À 17 ans

Édouard Lefebvre fait de la dyslexie le sujet de son premier moyen-métrage, « Incompris »

Le 09 octobre 2026 - Modifié à 10 h 40 min
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste

À seulement 17 ans, le jeune réalisateur almatois Édouard Lefebvre a franchi une nouvelle étape dans son parcours cinématographique avec la projection de son premier moyen-métrage, Incompris, samedi dernier au Cinéma Complexe Alma. À travers cette œuvre d’autofiction, le jeune cinéaste aborde avec sensibilité l’impact que peut avoir le fait de vivre avec une différence, la dyslexie en l’occurrence, lors du passage de l’enfance à l’adolescence.

D’une durée de 40 minutes, le film raconte l’histoire d’Émile, un jeune garçon dyslexique qui tente de trouver sa place dans un environnement où sa différence devient source de moqueries et d’intimidation.

« Au début, on ne sait pas ce qu’Émile a. Ses parents ne le savent pas, jusqu’au moment où en 3e année du primaire, Émile reçoit son diagnostic de dyslexie. On l’équipe alors d’un ordinateur prescrit par un orthopédagogue. On pense que l’ordinateur va tout régler, mais les préjugés vont arriver par la suite. Les enfants, ça peut être méchants sans s’en rendre compte. »

Si l’histoire est une fiction, elle puise largement dans le vécu de son réalisateur.

Autofiction

En effet, avec Incompris, Édouard Lefebvre cherchait à mettre des images et des mots sur une réalité parfois difficile à exprimer et qu’il a lui-même vécue. « Il y a plusieurs scènes qui montrent des choses que j’ai vécues », dit-il.

De façon générale, le film s’intéresse au regard des autres, au sentiment de différence et aux conséquences que peuvent avoir les moqueries répétées sur un jeune en pleine construction identitaire.

Le moyen-métrage se penche en partie sur le parcours scolaire et personnel du protagoniste, parcours marqué par les épreuves liées à la dyslexie. Édouard Lefebvre donne quelques exemples : « La dyslexie, ça vient avec une peur de lire devant la classe, la peur de se tromper de mot et d’avoir l’air ridicule, puis de faire rire de soi. Tu te croises les doigts pour ne pas être choisi par le professeur. À l’écrit, la dyslexie, vient avec une difficulté à se corriger. Même si tu te relis plusieurs fois et que t’essaies de te corriger, t’arrives pas à trouver tes fautes. Tu comprends la théorie, mais tu ne vois pas tes fautes. »

La trame narrative est également influencée par le courage, la persévérance et la détermination du protagoniste, qui parvient éventuellement à assumer, et même à transcender sa différence.

Sensibilisation

Le réalisateur explique que le choix de l’autofiction lui a permis de s'inspirer de son propre parcours tout en prenant une certaine distance avec celui-ci. Ainsi, son film devient à la fois un récit personnel et une réflexion plus large sur l’intimidation, la différence et la difficulté de se faire comprendre.

Par le biais de son premier moyen-métrage, le jeune cinéaste souhaite notamment susciter une réflexion chez les spectateurs et rappeler l'importance de porter attention aux jeunes qui peuvent avoir de la difficulté à exprimer ce qu’ils vivent. « Le message que je voulais lancer, c’est que ce n’est pas parce tu es différent que tu n’es pas bon. »

Une passion qui ne date pas d’hier

L’amour du cinéma d’Édouard Lefebvre remonte par ailleurs à sa tendre enfance. Depuis ses neuf ans, il réalise de petits films humoristiques sous la bannière Films Edou, qu’il diffuse sur sa chaîne YouTube. Lorsqu’il avait 14 ans, le jeune cinéaste a également réalisé un documentaire portant sur la dyslexie. Celui-ci est toujours disponible sur sa chaîne.

La projection du moyen-métrage constitue donc un moment important pour celui qui, malgré son jeune âge, commence déjà à tracer son chemin dans le milieu du cinéma. Édouard Lefebvre a réussi à terminer son cursus secondaire dans les temps et poursuit maintenant ses études à l'École supérieure en Art et technologie des médias (ATM) du Cégep de Jonquière.

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