Le réseau de la santé du secteur Lac-Saint-Jean-Est fait face à une nouvelle vague de départs chez les médecins omnipraticiens. Au total, six médecins ont quitté ou s’apprêtent à quitter leur pratique, rapporte Radio-Canada.
À la Clinique médicale d’Alma, trois médecins prendront leur retraite, une situation qui entraînera des répercussions directes sur environ 8000 patients. L’établissement, qui compte habituellement une équipe de dix médecins, se retrouve désormais avec seulement sept praticiens en poste. Le médecin responsable, Guy Verreault, indique être activement à la recherche de solutions pour atténuer les impacts de ces départs.
La situation n’est guère plus reluisante à Saint-Bruno où la Clinique médicale du Manoir vient de perdre deux médecins le 31 mars dernier : l’une a cessé sa pratique tandis que l’autre a pris sa retraite. De son côté, la Clinique médicale de Delisle verra également partir un médecin d’expérience en décembre, après une carrière de 50 ans.
Des règles qui complexifient le renouvellement des médecins
Ces départs surviennent dans un contexte où le remplacement des médecins ne se fait pas en un claquement de doigts. En effet, les cliniques ne peuvent pas embaucher librement de nouveaux médecins. Ce sont plutôt les plans territoriaux des effectifs médicaux (PTEM), administrés par le gouvernement du Québec, qui déterminent les régions où les nouveaux médecins peuvent s’installer. Les finissants en médecine doivent donc obligatoirement postuler pour un territoire parmi ceux autorisés, avant que les cliniques puissent tenter de les recruter.
Selon l’Association des médecins omnipraticiens du Saguenay–Lac-Saint-Jean (AMOSL), ces règles complexifient le renouvellement de la main-d’œuvre médicale. L’AMOSL explique que les contraintes imposées aux médecins en début de carrière, notamment les heures obligatoires à effectuer en milieu hospitalier, limitent également leur capacité à prendre en charge autant de patients qu’un médecin en fin de carrière. Ainsi, même si tous les départs étaient comblés, le nombre de patients suivis pourrait tout de même diminuer.
Des postes déjà comblés depuis le début de l’année
Du côté de Santé Québec Saguenay–Lac-Saint-Jean, jusqu’à récemment connu sous le nom de CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean, on rappelle que les places disponibles pour les nouveaux médecins sont ajustées périodiquement et que neuf postes en médecine familiale ont trouvé preneur, dont cinq spécifiquement pour le réseau local de services Lac-Saint-Jean-Est en 2026.
Santé Québec soutient également que des mécanismes sont en place pour soutenir les patients qui perdent leur médecin de famille. Ces derniers sont invités à s’inscrire au Guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF), qui vise à redistribuer les patients orphelins.
L’organisme gouvernemental ajoute que, pour la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, dix nouveaux postes ont été autorisés dans le cadre du PTEM 2026, tandis que les postes autorisés pour 2027 seront annoncés à l’automne prochain.