D’après un sondage Léger réalisé pour le Barreau du Québec, 43 % des répondants estiment que leur confiance envers les institutions publiques a diminué au cours des dernières années, tandis que seulement 4 % jugent qu’elle s’est améliorée.
Cette perte de confiance touche d’ailleurs plusieurs piliers de la société québécoise, allant du gouvernement aux tribunaux, en passant par les médias. Elle s’étend également à certains principes fondamentaux de l’État de droit, tels que l’indépendance des juges, le respect des droits et l’égalité devant la loi.
Bien que 60 % des citoyens considèrent que ces principes sont globalement bien respectés au Québec, des inquiétudes persistent. Ainsi, 66 % des répondants craignent notamment une influence politique sur les décisions judiciaires.
Sur le plan politique, la méfiance apparaît particulièrement marquée. Près de la moitié des répondants (45 %) disent ne pas faire confiance au gouvernement du Québec, tandis que la proportion grimpe à 67 % envers les partis politiques. Les médias traditionnels ne sont pas épargnés : 33 % des Québécois affirment ne pas leur faire confiance, une proportion en hausse.
Face à ces constats, le Barreau du Québec se dit préoccupé et appelle à une réflexion collective. L’organisation a d’ailleurs annoncé la tenue du premier Sommet québécois sur l’État de droit, les 8 et 9 septembre prochains au Palais des congrès de Montréal. L’événement devrait réunir quelque 750 participants issus des milieux des affaires, juridique, politique, académique et communautaire.
« Les données nous obligent à nous arrêter. Lorsque la confiance envers les institutions s'effrite, c'est l'équilibre même de notre démocratie qui est en jeu. Le Sommet marque le point de départ d'une démarche collective pour mieux comprendre ces enjeux, mais surtout, pour identifier et mettre en œuvre des actions concrètes visant à préserver et à renforcer l'État de droit au Québec. », a déclaré Me Marcel-Olivier Nadeau, bâtonnier du Québec.