Parlez-en aux riverains : nettoyer une plage avec un râteau est une tâche exigeante et parfois décourageante. C'est ce qui a poussé Yoan Joncas à lancer sa nouvelle entreprise, Capitaine plage.
Le jeune entrepreneur, qui offre ses services sur sa page Facebook, a investi plus de 30 000 $ pour se procurer un tamiseur mécanique à chenilles fabriqué en Italie.
La machine, de la taille d'une souffleuse à neige, est munie d'un moteur à essence et d'une grille d'environ trois pieds de largeur capable de pénétrer jusqu'à quatre pouces dans le sable. En avançant, elle aspire le sable qui est ensuite tamisé grâce à un système vibrant. Le sable propre retombe au sol, tandis que les débris sont acheminés vers un bac.
« Les branches, le bois, les plastiques ou les autres déchets sont séparés. Je laisse les débris sur place. Le propriétaire du terrain n'a plus qu'à brûler le bois et ramasser le reste. », souligne Yoan Joncas.
Selon lui, le résultat est nettement supérieur.
« C'est beaucoup plus minutieux. On enlève énormément de choses qui resteraient autrement enfouies dans le sable. »
L'idée de créer Capitaine plage est née l'été dernier sur un terrain familial près de la Grande-Décharge.
« J’utilisais un râteau, c’était long et surtout très frustrant. Le résultat est souvent décevant même après beaucoup d'efforts. »
Une occasion d’affaires
Ce problème a rapidement fait germer une idée d'affaires.
« Je me suis dit qu'il devait bien exister une meilleure façon de faire. J'ai commencé à faire des recherches sur ces machines. Elles coûtent entre 25 000 $ et 45 000 $, c'est cher, mais j'ai décidé de me lancer. »
Un pari qui semble déjà porter fruit.
« Quand je travaille sur une plage, les gens viennent me voir. Ils trouvent ça impressionnant et me demandent souvent de venir chez eux pour une soumission », raconte-t-il.
Depuis le lancement de son entreprise ce printemps, les demandes affluent.
« Je suis déjà occupé pour les deux prochaines semaines et ça n'arrête pas vraiment. L'intérêt est fort. »
Son premier contrat fut de nettoyer la plage de la Dam-en-Terre et il a été plus exigeant qu'il ne l'avait imaginé.
« Je pensais y passer environ quatre heures, mais ça m'a pris plus de huit heures. C'est une grande plage en pente. C'est physique, mais le résultat est impressionnant. »
Des débris de toutes sortes
Au fil de ses autres contrats, notamment à Métabetchouan et Saint-Gédéon, Yohan Joncas a constaté que sa machine permet de retirer toutes sortes d'objets.
« J'ai trouvé des ustensiles, de l'argent, du verre, énormément de plastique, sans compter les roches et le bois. Je n'ai pas encore trouvé de trésor ni de bijoux, mais je dis toujours aux clients que si ça arrive, le nettoyage ne leur coûtera rien », lance-t-il en riant.
Cette première saison sert avant tout à tester le marché, mais Yoan Joncas entrevoit déjà la suite avec optimisme.
« Les réponses que j'obtiens me disent que je vais probablement engager quelqu'un l'an prochain. Pendant que j'opère la machine, je ne peux pas faire de soumissions. Peut-être que je vais aussi acheter une deuxième machine. »