Des visites guidées du Petit marais de Saint-Gédéon pour mieux comprendre le rôle essentiel des milieux humides dans l’environnement ont été offertes le 19 août. D’autres sont également prévues le 8 septembre.
L’enseignante en biologie au Collège d’Alma et bénévole pour Canards Illimités Canada, Stéphanie Nollet, agit comme ambassadrice dans le cadre de ce projet de mobilisation.
L’activité, gratuite et ouverte à tous, vise à sensibiliser la population aux fonctions écologiques de ces écosystèmes et à montrer comment certains milieux peuvent être restaurés.
« On met vraiment l’accent sur la restauration. On explique quelles sont les fonctions écologiques des milieux humides, les espèces qu’on y retrouve et on répond aux questions des gens », explique Stéphanie Nollet.
Restaurer un milieu humide consiste à ramener un site dégradé vers un état plus naturel ou encore à recréer un milieu lorsqu’il a complètement disparu. Selon les régions, entre 40 % et 80 % des milieux humides auraient aujourd’hui disparu au Québec.
Un écosystème aux multiples fonctions
Le Petit marais de Saint-Gédéon constitue un exemple particulièrement intéressant pour observer la richesse de ces milieux, rappelle l’enseignante.
D’une superficie de 90 hectares, le site est notamment très apprécié des ornithologues. On peut y observer six espèces d’amphibiens, 16 espèces de poissons et plus de 200 espèces d’oiseaux, dont une trentaine considérées comme des visiteurs rares.
« Autour du lac Saint-Jean, il n’y a pas beaucoup de haltes migratoires pour les oiseaux. C’est un des plus gros milieux, et il est aussi très proche de la population. Avec le beau réseau de sentiers, c’est vraiment super pour les gens. »
Le site a fait l’objet de travaux de restauration en 1997, grâce à un financement de Rio Tinto demandé par le ministère de la Faune.
Bien qu’il n’ait pas été restauré par Canards Illimités Canada, le Petit marais permet aujourd’hui d’illustrer concrètement l’importance de préserver ces espaces. Stéphanie Nollet compare d’ailleurs les milieux humides à un rein.
« Ça fait la filtration de l’eau, ça protège l’habitat autant des insectes que des amphibiens, des oiseaux, des mammifères… une panoplie d’espèces », résume-t-elle.
Ces écosystèmes jouent également un rôle dans la lutte contre les changements climatiques. Comme la décomposition de la matière organique y est plus lente, le carbone peut y demeurer emprisonné pendant de longues périodes. Lorsqu’un milieu humide est détruit, ce carbone, qui provoque des gaz à effet de serre est relâché dans l’atmosphère.
Les milieux humides contribuent aussi à réguler les niveaux d’eau. Ils peuvent emmagasiner de l’eau lors d’inondations et la conserver pour les périodes plus sèches.
Donner des outils aux citoyens
L’initiative de mobilisation pour la restauration des milieux humides ne consiste pas seulement à informer, mais aussi à donner aux participants les outils nécessaires pour reconnaître des endroits qui pourraient être restaurés. Les sites potentiels peuvent ensuite être transmis à Canards Illimités Canada, dont les experts peuvent poursuivre l’évaluation.
Pour Stéphanie Nollet, il reste donc beaucoup de travail à accomplir. Mais avant de restaurer, il faut d’abord apprendre à reconnaître la valeur de ce qui existe déjà.
« Les milieux humides sont importants pour plein de raisons. C’est aussi un endroit qui permet aux gens de connecter avec la nature et d’en apprendre davantage. »