C’était un secret de polichinelle : ce sont les activités agricoles exercées dans les secteurs situés en amont des puits qui sont responsables de la contamination de l’eau potable de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, confirme le rapport d’une étude hydrogéologique.
En effet, le rapport établit un lien entre la présence de nitrates dans la nappe et les activités agricoles exercées dans les secteurs situés en amont hydraulique des puits P-1 et P-2.
L’aquifère exploité par les installations municipales est constitué principalement de sable et de gravier. Cette formation fluvioglaciaire possède une forte perméabilité, ce qui lui permet d’emmagasiner et de transmettre d’importantes quantités d’eau.
Cette caractéristique représente toutefois une vulnérabilité lorsqu’il est question de contamination. La nappe est de type libre et est directement alimentée par les précipitations qui s’infiltrent dans le sol. Dans certains secteurs, l’absence ou la discontinuité de couches argileuses protectrices facilite ainsi le passage des contaminants vers les eaux souterraines.
Les nitrates, particulièrement solubles dans l’eau, peuvent migrer relativement facilement à travers le sol. Selon l’étude, leur présence est principalement associée aux activités agricoles intensives, notamment à l’utilisation d’engrais azotés.
Les puits P-1 et P-2 alimentent une partie importante de la population du secteur Métabetchouan. Depuis 2018, des concentrations élevées de nitrates y sont régulièrement observées, avec une moyenne d’environ 5 mg/l. La situation s’est toutefois aggravée en janvier 2025, alors que la concentration a dépassé la norme de 10 mg/l, forçant la Ville à imposer des mesures préventives de restriction d’usage.
Recherche d’une nouvelle source d’eau
La Ville de Métabetchouan–Lac-à-la-Croix entend sécuriser son approvisionnement en eau potable en trouvant une nouvelle source d’eau souterraine.
« La Ville a ciblé un secteur prioritaire pour l’implantation de la nouvelle prise d’eau. On a rencontré le propriétaire du terrain concerné. Les échanges se sont très bien déroulés. Le propriétaire s’est montré ouvert au projet », affirme le maire de Métabetchouan-à-la-Croix.
Toutefois, poursuit-il, « le choix définitif du site ne pourra être confirmé qu’à la suite des travaux de forage exploratoire. Ces travaux-là vous nous permettre de valider si le secteur possède les caractéristiques qu’on recherche, notamment en termes de débit et de qualité de l’eau. »
Le site en question se trouve quelque part au centre du rang 4, non loin de la prise d’eau actuelle. Malgré cette proximité, le nouveau site serait moins vulnérable à la contamination en raison de la composition de son sol, moins sablonneux et plus argileux, et de sa localisation, moins exposée aux écoulements provenant du milieu hydrique environnant et transportant des nitrites/nitrates.
Début des travaux exploratoires
Avant de pouvoir débuter les forages exploratoires, Métabetchouan-Lac-à-la-Croix doit déterminer les équipements qui seront requis et lancer les appels d’offres pour les travaux. Il n’y a donc pas encore d’échéancier précis.
En attendant, les groupes ciblés par l’avis de non-consommation, soit les enfants de moins de 12 ans, les femmes enceintes et les personnes sous dialyse, peuvent encore se procurer de l’eau embouteillée à l’hôtel de ville.
Sur le plan financier, André Fortin affirme que la Ville « est toujours à la recherche de subventions du gouvernement, mais que ce n’est facile. Probablement que les premières phases, on va les financer nous-même si on veut avancer. »