Considérant, entre autres, la croissance des responsabilités confiées aux municipalités et la hausse du coût des infrastructures — tant pour leur réparation que pour leur construction — se regrouper est une option qui s’impose à certaines localités désireuses de maintenir un niveau de service qui respecte les attentes des citoyens. C’était le cas pour Saint-Bruno, Hébertville-Station et Hébertville, dont la fusion commence d’ailleurs à porter fruit.
Michel Claveau, autrefois maire d’Hébertville-Station, ne passe pas par quatre chemins : « Si on n’avait pas embarqué dans le processus de fusion, je ne sais pas où on serait rendu aujourd’hui. »
Il explique qu’en raison de la petitesse du personnel de son village, chaque bris d’infrastructure ou quelconque autre imprévu pouvait mener à un bris de service. « On n’a qu’à prendre l’exemple du problème d’aqueduc qu’on a eu récemment : avec la nouvelle administration, on a pu régler ça en un rien de temps, alors que si on n’avait pas été fusionné, on aurait eu de sérieux problèmes. »
C’est que le gain de ressources humaines et matérielles est l’un des principaux avantages découlant d’une fusion municipale. En ce sens, le but d’une fusion n’est souvent pas de réduire les effectifs municipaux, mais bien de les mutualiser au bénéfice de la population.
Un autre exemple pourrait être l’efficacité du service d’urbanisme. « Avant, il y avait un urbaniste par municipalité. S’il était malade seulement une journée, ça pouvait retarder l’émission de permis. Maintenant, ce n’est plus un problème », affirme le responsable des communications d’Hébertville, Marc-Olivier Simard. Qui plus est, renchérit Michel Claveau, « en étant plus nombreux, nos experts peuvent se consulter, travailler ensemble et ainsi améliorer la qualité des services ».
Un gros chantier, mais peu d’aide
Si plusieurs bienfaits découlent généralement des fusions municipales, le travail qui doit être effectué en amont est considérable, tout particulièrement dans un cas comme celui d’Hébertville, où il ne s’agit pas simplement d’une grande municipalité qui en absorbe une plus petite, soulève Rachel Borurget, directrice générale d’Hébertville.
« Nous, ce n’est pas comme si on continuait à partir des mêmes façons de faire : on doit pratiquement repartir de zéro. C’est nous qui devons tout réécrire, tout organiser, tout penser, alors que ce sont des choses qui auraient pu être pensées à l’avance. Dans l’état actuel des choses, je trouve que les municipalités qui sont dans une situation comme la nôtre sont laissées à elles-mêmes. »
La directrice générale invite ainsi le gouvernement du Québec à prendre note du cas d’Hébertville pour éventuellement s’en inspirer dans le cadre de l’élaboration d’un protocole plus clair lors de fusions municipales. Elle plaide aussi en faveur d’un allègement des règlements et des mécanismes municipaux de façon générale.
Avantages économiques
Règle générale, une fusion tend par ailleurs à renforcer les capacités financières des municipalités unifiées. En réunissant leurs ressources, les municipalités peuvent disposer d’une plus grande marge d’emprunt et mieux répartir les coûts de grands projets.
Cependant, pour le moment, il semble qu’Hébertville perde parfois au change en termes de subvention, remarque Rachel Bourget.
« Le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation s’est engagé envers nous qu’aucune subvention n’allait être coupée pour dix ans. Mais en ce moment, lorsqu’on dépose une seule demande de subvention plutôt que trois comme avant, on a des limitations. C’est un peu vicieux. »
Cela dit, il est trop tôt pour lancer la pierre à qui ce soit, insiste la directrice générale. Une rencontre entre Hébertville et le Ministère était prévue cette semaine afin d’éclaircir ce genre de questions.
