Jacques Brel a écrit un jour : « Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. » Il faut avoir des projets, des objectifs, des rêves : ça donne un sens à la vie. Le projet que vous caressez guidera vos gestes jusqu’à sa réalisation, et vous ressentirez toute la fierté de l’avoir mené à bien.
Alors bravo ! Saint-Félicien a un nouveau projet : le Complexe Kioki. Annoncé par le Cégep et la Ville, ce complexe sportif évalué à près de 15 millions de dollars comprendrait un immense gymnase pouvant être divisé pour la pratique du basketball, du volleyball et du pickleball. Mais, pour voir le jour, le projet devra obtenir l’appui de Québec via le fameux programme PAFIRSPA. Lors du dernier appel de projets en 2024, 970 demandes ont été déposées, représentant 2,7 milliards de dollars, alors que l’enveloppe disponible n’était que de 300 millions. Mais où est passé l’urgent projet de rénovation du Club Tobo-ski, lui aussi déposé en 2024 ? Disparu ?
Depuis une dizaine d’années, Saint-Félicien multiplie les annonces, mais les réalisations tardent à suivre. Quelques exemples : en 2018, une marina au Bôme de Saint-Méthode ; une usine de cannabis de 80 millions de dollars ; une usine de pansements à partir de mousse de sphaigne au coût de 20 millions ; un réseau de chaleur ; une usine de biochar de 30 millions ; un carrefour giratoire à l’entrée sud ; une revitalisation du centre-ville. Des annonces, encore des annonces… mais toujours peu de concret. Alors, gens de Saint-Félicien, ne vous réjouissez pas trop vite : vous pourriez être déçus une fois de plus.
Saviez-vous que, pour le projet de biochar, les deux paliers de gouvernement ont accordé 3,8 millions de dollars et, pour le réseau de chaleur, 2,8 millions ? Où sont passés ces 6,6 millions ? Le nouveau conseil municipal devrait peut-être demander conseil à Caroline Fradet et Éric Dubé, de Serres Toundra. Malgré toutes les embûches placées sur leur route, eux ont réussi, pendant que la municipalité a échoué. S’il y avait davantage de gens d’affaires dans les conseils de ville, nous aurions peut-être de meilleurs résultats. Mais les gens de Saint-Félicien sont patients et résilients. Demandez-le à Jean Dumas et à ses fils, qui tentent depuis plusieurs années de développer un magnifique quartier résidentiel au bord de la rivière et qui se butent toujours à la bureaucratie municipale.
Et à Roberval ? C’est le drame : il n’y a pas de projets. Le maire Jean-François Boily s’est fait élire avec la promesse d’écouter la population, de tenir des états généraux et de relancer la chambre de commerce. Mais quelle est la vision du nouveau conseil ? Quel projet Roberval déposera-t-elle dans le programme PAFIRSPA ? Vite, Roberval, dépêchez-vous ! Car dans la vie, ça prend des projets. Pendant ce temps, la Ville d’Alma regorge de projets comme la réfection du presbytère Saint-Joseph, du stationnement étagé du centre-ville, d’un nouveau pavillon au Centre Dorval, et j’en passe.
En somme, le dynamisme varie beaucoup selon le secteur du lac où vous demeurez. Certains de nos élus semblent avoir oublié la seconde partie de la phrase de Brel : après le rêve, il faut de la « sueur ». Mais surtout, où est la volonté de bâtir enfin quelque chose de vrai ? Car sans projets concrets pour incarner nos rêves, nos villes ne font pas que stagner : elles s’éteignent.