Si vous fréquentez ne serait-ce qu'un peu les réseaux sociaux, vous avez sûrement entendu parler des influenceurs sur le bateau à Miami et de la controverse qui s'en est suivie avec les propos sexistes d'un bijoutier de Québec. Je n'ai pas envie de m'en prendre à ces créateurs de contenu. Toutefois, il faut se poser beaucoup de questions relatives à ce phénomène. Si vous parlez à un ado ou à un jeune adulte, ils connaissent tous les Lewis le fou, Cocotte et Médusa de ce monde. Pour eux, ce sont leur showbiz québécois. Ils vont passer des heures ou quelques minutes à les regarder boire, marcher dans la rue et se « plugger » avec un commerçant. Je ne comprends absolument pas l'intérêt des jeunes pour ce produit, mais avec 51 printemps derrière moi, c'est normal de ne pas comprendre ce que les jeunes aiment.
À travers cela, les jeunes veulent être comme leurs idoles, leurs modèles à suivre. Bien sûr que maman et papa ne comprennent pas. Ils disent qu'être influenceur ce n'est pas un vrai job. Certains peuvent effectivement faire des gros sous, mais c'est loin d'être la majorité. Dans mes jeunes années, nous étions un peu comme ça. Certains voulaient faire partie d'un groupe de musique ou être professionnels du hockey. Ça demandait des investissements. Inversement, pour être influenceur, ça prend juste un cellulaire et des articles à bas prix sur des sites chinois comme un micro ou un trépied.
Le piège, c'est le manque de maturité et de formation. Comme nous l'avons vu avec ce qui s'est passé à Miami, une seule phrase mal placée et c'est la fin. Les commanditaires vont débarquer du train et l'influenceur va se faire remplacer par un autre. La saveur du mois aura expiré et elle devra se trouver un véritable travail. Pour gagner ma vie avec la radio depuis bientôt 20 ans, j'ai appris qu'une phrase ou même un mot mal placé peut être dévastateur. La sensibilité des gens étant plus grande que jamais, c'est encore plus dangereux qu'à mes débuts. Avec la technologie ultraprésente, tout est maintenant enregistré et il est très facile de retrouver une vieille gaffe et de la sortir des années plus tard. Parlez-en aux politiciens.
Bref, il existe des formations pour les créateurs de contenu et je pense que c'est une bonne chose. Non seulement pour les jeunes, mais certains commerçants de la région pourraient grandement en bénéficier. Comme ce n'est pas très dispendieux de faire de la publicité sur les réseaux, je vois plusieurs marchands s'amuser à créer des vidéos. Parfois, c'est bon et d'autres fois, ça m’enlève le goût d'entrer chez eux. À mon humble avis, Daniel Fortin de ID Outils est le modèle à suivre. Il est très dynamique et trouve le moyen de faire parler de lui sans se mettre en danger. Si vous ne comprenez toujours pas la présence des créateurs de contenu, ce n'est pas grave. Mon père ne comprenait pas pourquoi j'aimais Kiss et Nintendo.