Économie

Temps de lecture : 1 min 54 s

Relève agricole : de jeunes agriculteurs pris à la gorge par le coût des terres

Le 01 septembre 2022 — Modifié à 07 h 05 min
Par Serge Tremblay - Rédacteur en chef

Étranglée par le prix des terres, la relève agricole peine à rentabiliser ses activités et à s’imaginer un avenir dans ce milieu. À l’aube de la campagne électorale, des engagements politiques s’imposent afin de contrer cette réalité, affirme la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ).

« Ça fait 10-15 ans que l’on parle de cet enjeu. Si on veut que la relève ait accès aux terres agricoles et que cela demeure une propriété québécoise, il faut agir. Sinon, ce ne seront que de grands groupes financiers, et souvent étrangers, qui possèderont la terre », fait valoir Alexandre Bernier, agriculteur à Normandin et président régional de la FRAQ.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une terre qui se vendait autour de 1 074 $ l’acre au Saguenay-Lac-Saint-Jean en 1996 en valait 8 200 $ l’acre en 2021.

Dans ces conditions, la relève agricole se retrouve avec un prêt hypothécaire très difficile à assumer dans un contexte de démarrage d’entreprise. Toutes les productions agricoles ne sont pas non plus égales sur le plan de la rentabilité, de sorte que certains secteurs d’activités sont d’autant plus difficiles à rentabiliser.

Parmi les solutions à envisager, la FRAQ propose un programme de prêts à très long terme (jusqu’à 40 ans) et à taux bas et fixe pour l’acquisition de terres agricoles par la relève.

« Encore là, ce n’est qu’un plasteur sur le bobo. Quarante ans, c’est extrêmement long et sur cette période, tu devras sans doute réhypothéquer à quelques reprises pour réaliser des investissements pour demeurer au goût du jour. Le prix des terres ne diminuera pas, ça, on le sait, mais ce serait au moins un moyen d’aider. »

La FRAQ croit également qu’un incitatif fiscal sous forme de crédit d’impôt à un vendeur qui cède à une relève agricole pourrait donner un coup de pouce. Le programme Appui financier à la relève devrait aussi être bonifié, selon elle.

Programmes mésadaptés

Le modèle agricole actuellement en place, du moins sur le plan des programmes d’aide financière, ne semble pas être adapté à la relève agricole. Les projets de fermes de petite surface ou de production animale de plus petite envergure font office de parent pauvre face aux projets d’agriculture industrielle de volume.

« On dirait que les programmes vont à l’encontre de la réalité de la relève agricole. Ici, dans la région, on a beaucoup de petites entreprises qui ont vu le jour, mais le modèle que l’on a pour les supporter est un peu entre deux eaux. Il y a beaucoup de travail à faire de ce côté à mon avis. »

Alexandre Bernier croit que le moment est bon, avec la campagne électorale, de forcer les candidats à se commettre et à démontrer une volonté d’apporter des améliorations aux conditions dans lesquelles évolue la relève agricole.

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié à 17h00

Record de ventes pour la filière acéricole québécoise

Réunis en assemblée générale annuelle hier, les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) ont dressé le bilan d’une saison 2026 marquée par une production totale de 229,5 millions de livres de sirop d’érable. Portée par un engouement croissant, tant au Québec qu’à l’international, 202 millions de livres de sirop ont été vendus à ...

Publié à 14h00

L’UPA et la FPFQ dénoncent une concurrence déloyale de l’État

Réunies en conférence de presse aujourd’hui, l’Union des producteurs agricoles (UPA) et la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) ont lancé un appel pressant à l’ensemble des partis politiques concernant la mise en marché du bois. Les deux organisations dénoncent un déséquilibre persistant entre le bois issu des forêts publiques ...

Publié à 8h00

Les Québécois plus attirés que jamais par les plateformes à bas prix

Un coup de sonde, demandé par le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) et lancé par Orama Marketing en avril dernier démontre que les Québécois achètent de plus en plus souvent sur les plateformes à bas prix comme Shein ou Temu. De plus, selon les informations du journal Protégez-Vous, les Québécois achèteraient en plus grande quantité ...

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES