Économie

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La Ferme Tournevent repousse ses limites grâce à la technologie

Le 28 mars 2023 — Modifié à 16 h 17 min
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Automatisation et robotisation en entreprise

Produire davantage sans recruter. C’est essentiellement ce que permet l’automatisation et la robotisation des opérations de la Ferme Tournevent, à Hébertville. Mais au-delà de simplement compenser le manque de main-d’œuvre, l’introduction des technologies automatisées est aussi une façon de réduire ses marges d’erreur et d’améliorer la qualité de ses produits.

La Ferme Tournevent est un producteur agricole spécialisé dans la culture de grains biologiques et la production d’huiles végétales vierges. On y compte environ neuf employés, et il n’en faudra aucun de plus pour décupler la vitesse de production de l’entreprise, qui s’apprête à investir 3 M$ dans l’automatisation de l’embouteillage et de l’ensachage.

« On va installer une grande salle d’embouteillage et d’ensachage avec différentes lignes selon les formats. Avant, notre vitesse de production était limitée, mais quand on va avoir les nouvelles lignes, on va avoir une capacité de production vraiment augmentée. On va être de 10 à 20 fois plus rapides sur à peu près tout ce qu’on fait avec la même masse d’employés », indique Guillaume Dallaire, copropriétaire de la Ferme Tournevent avec sa conjointe Audrey Bouchard et ingénieur en informatique.

Ce dernier insiste, l’arrivée des nouvelles lignes ne se traduira pas par des mises à pied, mais bien par la transformation des emplois.

« On va garder les mêmes employés et en former certains pour qu’ils effectuent de nouvelles tâches plus valorisantes et moins répétitives en lien avec l’embouteillage et l’ensachage. Pour nous, l’objectif, c’était juste d’éviter d’avoir à embaucher. »

Automatiser pour plus de fiabilité

Si l’automatisation permet de produire plus sans paires de bras supplémentaires, elle permet aussi de produire mieux.

À cet effet, c’est un automate qui y assure le bon fonctionnement de la ligne d’équipements servant au criblage des grains de la Ferme Tournevent.

Il explique que tel un « chef d’orchestre », l’automate coordonne les opérations effectuées par les différents équipements de la ligne, qui comporte notamment un trieur alvéolaire, une table densimétrique et un trieur optique.

Il analyse en temps réel les données récoltées par les capteurs fixés aux appareils de la ligne de criblage, ce qui lui permet de détecter, de signaler et d’éventuellement corriger toute forme d’anomalie.

Selon Guillaume Dallaire, un des principaux avantages de l’automate est sa très grande vitesse de réaction, une caractéristique précieuse en cas de dysfonctionnements.

« Un automate, c’est essentiel quand tu as besoin d’une réponse très rapide, à la milliseconde près. Il va dire aux équipements, d’arrêter, de se mettre en marche ou de prendre une pause lorsque c’est nécessaire. On peut rapidement agir pour que tout continue de bien fonctionner. »

En somme, l’implantation de procédés automatisés est une manière de « se mettre à l’abri des problèmes », problèmes qui peuvent d’ailleurs s’avérer coûteux.

« S’il y a un débordement de grains, les grains sont perdus. Donc, à chaque fois qu’il y a une erreur ou un oubli, ça peut nous coûter des milliers de dollars. »

Enfin, grâce au raffinement de sa ligne de criblage, la Ferme Tournevent parvient à obtenir un grain pur à 99,9 %. Car rien n’est laissé au hasard, que ce soit en ce qui a trait à la densité, la longueur et même la couleur des grains.

Intelligence artificielle

Guillaume Dallaire affirme vouloir bientôt passer à la phase d’automatisation 4.0, qui consiste à inclure l’intelligence artificielle aux opérations. Cette fois encore, il s’agit de réussir à faire mieux sans devoir embaucher, et non de remplacer les employés actuels.

« L’intelligence va s’adjoindre à mon automate. Elle va me permettre d’aller chercher encore plus de données sur la productivité des équipements, et après, on va pouvoir l’entraîner à reconnaître les résultats qui sont satisfaisants ou pas à partir des données qu’elle reçoit. Là où ça remplace l’humain un peu, c’est que si on avait voulu faire programmer la même par un humain, avec autant de données, ça aurait été très long. »


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