Le gouvernement du Québec a annoncé une révision importante de sa norme sur les véhicules zéro émission (VZE) afin d’accorder un certain répit aux constructeurs automobiles.
Actuellement, la norme VZE incite les constructeurs automobiles à accumuler des « crédits » en fonction du nombre de véhicules électriques et hybrides vendus. Ce mécanisme a pour effet d’augmenter la disponibilité de ces véhicules pour les consommateurs québécois.
Cependant, le gouvernement juge que l’industrie automobile fait face à des perturbations des chaînes d’approvisionnement, à un accès limité à certains matériaux, ainsi qu’à des enjeux commerciaux à l’échelle internationale. Dans ce contexte, Québec estime nécessaire d’ajuster certaines de ses exigences.
Une cible revue à la baisse
Parmi les changements, figure la révision de l’objectif initial de 100 % de ventes de véhicules zéro émission d’ici 2035. Celui-ci est désormais fixé à 80 %. Concrètement, cela signifie que la vente de véhicules neufs à essence pourra se poursuivre après cette échéance, contrairement au plan initial.
Le gouvernement prévoit également un étalement de la progression vers cette cible. Les quotas de vente de véhicules électriques augmenteront donc de manière plus graduelle.
Révision du système de crédits
La réforme s’accompagne aussi d’une transformation du système de crédits. Les véhicules hybrides non branchables, jusqu’ici exclus, deviendront temporairement admissibles aux crédits.
Cette mesure vise à mieux refléter les réalités des consommateurs, particulièrement ceux vivant en région rurale ou éloignée, où les longues distances et le manque d’infrastructures de recharge peuvent freiner l’adoption de véhicules entièrement électriques.
Les véhicules 100 % électriques et les hybrides rechargeables offrant une grande autonomie continueront toutefois de générer davantage de crédits, encourageant ainsi leur déploiement à plus grande échelle.
Le défi des émissions de GES
Cet assouplissement de la norme survient alors que le secteur des transports demeure le principal émetteur de gaz à effet de serre (GES) au Québec. Selon les données gouvernementales, il représente à lui seul 33,4 % des émissions totales de la province. Le transport routier en constitue la majeure partie, avec 74,6 % des émissions du secteur.
Malgré cette réalité, l’engouement pour les véhicules électriques ne cesse de croître au Québec. D’après la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), les nouvelles immatriculations de véhicules électriques ont bondi de 160 % entre mars 2025 et mars 2026.
Par ailleurs, la province s’impose comme un leader canadien dans ce domaine : en 2025, 42,8 % des nouvelles immatriculations de véhicules électriques au pays ont été enregistrées au Québec.