Actualités

Temps de lecture : 1 min 37 s

Tribunal administratif du logement

L’interdiction des animaux contraire à la Charte des droits et libertés

Émile Boudreau
Le 23 mars 2026 — Modifié à 12 h 05 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

Le Tribunal administratif du logement a rendu, le 12 mars dernier, une décision déclarant contraire à la Charte des droits et libertés de la personne une clause de bail interdisant la présence d’animaux dans un logement.

Dans son jugement, le Tribunal conclut qu’une telle clause porte atteinte aux articles 1 et 5 de la Charte, qui garantissent notamment le respect de la dignité, de la liberté et de la vie privée.

« Cette décision importante consacre l'idée que l'existence des clauses constitue une ingérence dans la vie privée des locataires en plus d'être une atteinte à leur droit à la liberté. », a affirmé Me Kimmyanne Brown, présidente du cabinet Défends‑toit, qui représentait la partie locataire devant le Tribunal.

Selon le cabinet Défendstoit, cette décision arrive à point nommé dans un contexte particulièrement préoccupant de pénurie de logements, où les clauses interdisant les animaux contribueraient chaque année à l’abandon de centaines d’animaux.

Le cabinet souligne également que ces clauses ont souvent été utilisées comme une « épée de Damoclès » par des locateurs pour forcer un locataire à se départir de son animal, ou encore à quitter son logement, et ce, même en l’absence de préjudice réel.

Demande de l'instauration d'un dépôt de sécurité

Du côté des propriétaires, la décision du Tribunal administratif du logement soulève toutefois des inquiétudes. L’Association des Propriétaires du Québec (APQ) soutient que le problème ne réside pas dans la présence d’animaux en tant que telle, mais plutôt dans le non-respect des obligations de leurs maîtres.

Dans un communiqué, l’Association rappelle que les propriétaires sont fréquemment confrontés à des situations problématiques liées à des animaux laissés à eux‑mêmes ou mal entretenus.

« Ces situations entraînent des troubles de voisinage répétés, des plaintes liées au bruit, aux odeurs ou au comportement de l’animal, et, dans de nombreux cas, des dommages importants au logement », précise-t-elle.

L’APQ réitère sa demande auprès du gouvernement du Québec afin de permettre l’instauration d’un dépôt de sécurité lorsque des locataires souhaitent avoir un animal. Selon l’Association, cette mesure ne constituerait pas une barrière à l’accès au logement.

« C'est une mesure de protection minimale, déjà utilisée dans plusieurs secteurs, qui permet de responsabiliser les locataires tout en protégeant le parc locatif. », affirme l’Association qui considère que celle-ci offrirait un équilibre raisonnable entre le droit des locataires d'avoir un animal et le droit des propriétaires de protéger leur immeuble.

 

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié à 15h00

La FAE entendue aujourd’hui par la Cour suprême du Canada

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) est entendue aujourd’hui, le 23 mars, par la Cour suprême du Canada relativement à certains volets de la Loi sur la laïcité de l’État qu’elle juge discriminatoire. Cette audience marque une étape importante dans une bataille judiciaire amorcée peu après l’adoption de la loi en 2019. La FAE conteste ...

Publié à 13h58

Le milieu communautaire déclenche une grève « historique »

C’est une mobilisation « historique » qui a débuté ce matin sous l’impulsion du mouvement « Le Communautaire à boutte » avec le déclenchement d’une grève impliquant plus de 1 600 organismes communautaires de partout au Québec, dont 111 au Saguenay-Lac-Saint-Jean, pour un total d’environ 22 000 travailleurs en débrayage jusqu’au 2 avril. « C’est ...

Publié à 12h00

Le milieu communautaire réclame des négociations avec le gouvernement

En réaction au budget 2026‑2027 du gouvernement du Québec présenté la semaine dernière, le mouvement « Le communautaire à boutte » et le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ‑ACA) réclament la tenue urgente d’une table de négociation avec le ou la prochaine première ministre. Appuyés par plus de 1 500 organismes d’action ...

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES