Chroniques

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Bar open pour le bar rayé

Le 19 juin 2025 — Modifié à 08 h 00 min
Par Roger Lemay

La semaine dernière, l’organisme Contact Nature et son directeur Marc-André Galbrand ont demandé au gouvernement fédéral de permettre la pêche scientifique au bar rayé dans le Saguenay. C’est que le poisson, particulièrement vorace, est friand des saumoneaux, et affecterait ainsi gravement la population de saumons, notamment, de la rivière à Mars. Le problème est qu’il n’y a pas encore d’étude le prouvant scientifiquement.

Depuis un petit bout, le débat sur la réglementation de la pêche au bar rayé au Canada continue de susciter des discussions parmi les pêcheurs, les environnementalistes et les décideurs politiques. Actuellement, la législation fédérale limite ou interdit la capture de cette espèce dans plusieurs régions du pays, notamment au Québec et dans les provinces maritimes, à part quelques exceptions, comme entre Rimouski et Forestville.

C’est la démonstration, encore une fois, qu’un règlement fédéral appliqué mur à mur ne convient pas à toutes les régions.    

Au fil des années pourtant, les études sur le bar rayé ont montré une augmentation de sa population, en particulier dans le fleuve Saint-Laurent. Jadis menacé, ce poisson semble aujourd’hui en bonne santé grâce, il est vrai, aux efforts de conservation mis en place ces dernières décennies. Mais, comme cela semble être le cas au Saguenay, cette densité croissante engendre des déséquilibres au sein de l’écosystème, notamment en menaçant les populations de poissons dont il se nourrit. L’amateur de pêche de La Baie Rémi Aubin, une référence, a déclaré avec ironie que le bar ne se nourrissait pas de graines de tournesols ni des petits moustiques. En fait le bar, qui peut atteindre une bonne trentaine de livres, est vorace de petits poissons, ce qui en fait un prédateur redoutable. Or pourquoi diable refuser une pêche encadrée, ce qui aurait pour avantage de faire la lumière sur l’état du bar rayé au Saguenay, avant qu’il ne soit trop tard. Les montaisons de saumons dans nos rivières sont en chute libre tandis que pour le bar rayé, sans mauvais jeu de mots, c’est «bar open» ...

Pourtant, un nombre croissant de voix s’élèvent pour demander une révision de la loi, affirmant que la pêche contrôlée pourrait bénéficier à la fois à l’environnement et à l’économie locale. La pêche récréative au bar rayé pourrait représenter une source de revenus supplémentaire  pour la communauté, quitte à établir des quotas de capture, des périodes de pêche contrôlées et des mesures strictes pouvant garantir que cette activité reste écologiquement responsable tout en profitant aux pêcheurs. Il semble d’ailleurs que le bar rayé se cuisine très bien, avec sa chair blanche et grasse au goût fin. Encore faut-il permettre de pouvoir le pêcher. 

Mais qu’attend donc Ottawa pour bouger et amender sa loi? Ah oui, j’oubliais: les solutions les plus simples et les plus logiques ne plaisent souvent pas trop aux fonctionnaires. 
 

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