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Après onze ans à prendre soin des animaux

Le Domaine de la 2e chance met fin à ses activités

Le 27 février 2026 — Modifié à 12 h 46 min
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Après onze ans de dévouement envers les animaux, Le Domaine de la 2e chance mettra fin à ses activités le 1er mai prochain à Saint-Gédéon.

Moutons, alpagas, lapins, émeus, poules, ânes, chevaux, les visiteurs avaient droit à un comité d’accueil tout aussi charmant que varié lorsqu’ils se rendaient au Domaine. Comme quoi ce qui ne devait être qu’un modeste ranch pour accueillir les chevaux des propriétaires a pris de l’ampleur au fil du temps. Peut-être même un peu trop, laisse entendre Nathalie Potvin, copropriétaire du Domaine avec son conjoint Dany Potvin.

« Au début, ce n’était pas nécessairement pour sauver des animaux qu’on a ouvert ça. C’était plus pour avoir nos animaux à nous. Mais de fil en aiguille, on s’est fait interpeller par différentes personnes qu’on connaissait pour s’occuper de certains animaux parfois plus âgés ou qui nécessitaient des soins que les gens n’avaient pas les moyens ou le temps de donner. C’est comme ça qu’on a fini par accueillir plusieurs animaux non prévus. On s’est éventuellement ramassés avec une gamme assez complète! »

Énergivore et chronophage

Or, bien sûr, tout ce beau monde requérait beaucoup de temps et entraînaient des dépenses considérables pour les propriétaires qui ont toujours garder leur emploi respectif en même temps qu’ils s’occupaient de leur ferme, sans oublier qu’ils ne tiraient pratiquement aucun profit de leurs activités, outre quelques dollars par-ci, par-là grâce leur mini-ferme mobile.

« On a toujours tout payé de nos poches. Les mini-fermes ne couvraient même pas une fraction des dépenses, mais ce n’est pas grave parce qu’on l’a toujours fait pour le plaisir. »

Toujours est-il, poursuit la conseillère chez Desjardins, « nourrir des animaux, c’est une chose, mais il faut ajouter à ça les assurances, le coût de l’électricité qui a triplé en onze ans, le coût de la nourriture qui a doublé, etc. »

Nathalie Potvin explique qu’elle et son conjoint ont toujours agi de façon désintéressée : le but du Domaine était simplement de sauver des animaux. « Mais après onze ans à faire ça sept jours sur sept, en hiver comme en tété, qu’il fasse froid ou chaud, j’ai fini par dire à mon conjoint que je n’avais plus autant de plaisir qu’il y a dix ans et que maintenant, je voyais plutôt ça comme une charge. Et il faut aussi dire que nous ne sommes plus tout jeunes! »

Adoptions

Grâce à sa bonne réputation au sein de la communauté, le Domaine de la 2e chance a réussi à trouver des familles d’adoption à presque tous ses animaux, et ce, quelques jours seulement après l’annonce de sa fermeture. « Et ce sont des familles qu’on a soigneusement choisies », insiste Nathalie Potvin.

Le couple gardera néanmoins quelques bêtes, essentiellement leurs propres chevaux ainsi que les animaux plus âgés pour lesquels il est par conséquent plus difficile de trouver preneur. Nathalie Potvin ajoute qu’elle gardera également quelques chevaux en pension.

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