L’Ascension pourrait bien devenir l’un des berceaux de l’énergie solaire au Québec. Dans le cadre d’une séance d’information publique, Nutrinor-Gilbert Énergies renouvelables présentait la semaine dernière les détails de son projet d’implantation de panneaux solaires sur l’ancien lieu d’enfouissement sanitaire (LES) de la municipalité.
S’il voit le jour, le parc solaire serait d’une puissance maximale de 18,4 MW, conformément à la limite de la capacité du réseau de distribution attenant. Des panneaux seraient installés sur une superficie de 28,5 hectares et permettraient de produire 28 456 MWh par année, soit la consommation électrique d’environ 1 500 à 1 900 foyers.
Le projet de Nutrinor-Gilbert Énergies sera bientôt déposé dans le cadre de l’appel d’offres de 300 MW lancé par Hydro-Québec en 2025. Si la soumission est retenue, la construction du parc débuterait en 2029 pour une mise sous tension des équipements en 2030. Les études environnementales, les consultations publiques ainsi que le bouclage des contrats d’approvisionnement se dérouleraient de 2027 à 2029.
Le parc solaire de L’Ascension serait l’un des premiers de cette envergure au Québec, où la production d’énergie solaire demeure encore marginale. Le projet est mené en partenariat avec JP Énergie Environnement, une entreprise française experte en la matière.
Retombées
Le préfet de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est, Louis Ouellet, affirme que la mise en place du parc solaire générerait des retombées économiques considérables pour les 12 municipalités de la MRC, qui se partageraient les redevances liées à la vente d’électricité.
« La MRC, étant donné qu’elle est propriétaire du site, aurait un montant en fonction du nombre de MW produits. Si on se fie aux éoliennes, ça tournerait autour de 6 000 $ par MW par année (environ 168 000 $ par année au total.) Et puis, on s’est aussi gardé la possibilité d’investir dans le projet si ça en vaut la peine. On pourrait devenir actionnaire jusqu’à 50 % avec le promoteur. »
Le préfet précise qu’une compensation financière additionnelle, préalablement négociée au sein du conseil de la MRC, serait versée annuellement à la municipalité de L’Ascension considérant que le parc se trouverait sur son territoire.
Revalorisation du LES de L’Ascension
L’aménagement du parc solaire contribuerait par ailleurs à revaloriser le LES de L’Ascension, un site autrement sans valeur, souligne le préfet. Et du même coup, « il n’y aurait aucune perte nette de territoire pour la région et pour le Québec ».
Du même avis, le directeur général de Nutrinor-Gilbert Énergies renouvelables, Maxime Gilbert, ajoute que « ce qui est intéressant, c’est qu’on utiliserait un terrain difficilement revalorisable plutôt que de déboiser 100 hectares de forêt. C’est un des rares projets qui va avoir un aussi grand d’impact sur le Saguenay-Lac-Saint-Jean, que ce soit en termes de création de valeur ou d’expertise. »
Pour le moment, Hydro-Québec n’autorise pas de projets solaires dépassant 25 MW. Il n’est toutefois pas possible que la limite soit revue à la hausse au cours des prochaines années, ce qui permettrait d’étendre le parc de L’Ascension sur environ 18 hectares et d’ainsi générer encore plus de valeur.