Je ne suis ni politicien, ni ministre, ni économiste, ni actuaire. Mais les deux dernières mesures du gouvernement caquiste me semblent d’un ridicule qui tue.
La première, 350 millions pour l’installation de thermopompes dans les immeubles locatifs. Québec prétend que cela fera réduire sensiblement la facture d’électricité pour les locataires (250 dollars par année), et que les proprios pourront se faire rembourser de leur dépense (50 % de la facture), en refilant une augmentation aux locataires. D’abord, question : pourquoi pensez-vous que les gens se font installer une thermopompe ? D’abord pour avoir l’air climatisé ! Or, les études évaluent que, en moyenne, dépendant de la grandeur de l’appartement, l’utilisation de la « clim » via une thermopompe coûte entre 40 et 100 dollars par mois. Bref, non seulement ça annule toute l’économie de la mesure pour les locataires, mais en plus ça va solliciter encore plus d’énergie à Hydro en période estivale. Le principe est simple, quand tu as une thermopompe, tu t’en sers. Deuxio, il n’y a aucune chance, aucune, de manière concrète, que les propriétaires immobiliers rentrent dans leur argent en refilant la facture à leurs locataires. La moyenne du coût d’installation d’une thermopompe est de 5 500 dollars, donc 2 750 dollars (50 %) à payer pour un proprio. Si on considère qu’un locataire accepte de payer 10 dollars de plus par mois rien que pour compenser l’installation de l’équipement (ce qui est loin d’être acquis, bien au contraire, la plupart ne l’accepteront pas, je le sais par expérience), eh bien cela prendrait 23 ans pour qu’un propriétaire se fasse rembourser au complet son investissement. 23 ans !
L’autre mesure, c’est le retrait de la taxe TVQ pour certains produits en épicerie, soi-disant pour donner un peu d’air aux plus démunis. Or, savez- vous de quels produits il s’agit ? Les plats de légumes mélangés, les muffins à l’unité, les noix et graines salées et les barres granola ne représentent aucunement les denrées achetées par ceux ayant à se serrer la ceinture. Alors la mesure (qui coûtera 100 millions par année à Québec) profitera plutôt à la classe moyenne et aux mieux nantis, qui n’ont pas vraiment besoin de cette économie estimée à 45 dollars par année. Pire, ces deux annonces bonbons, totalisant 350 millions, devront être financées, donc coûteront des millions de plus en intérêts.
Savez-vous ce qui m’interpelle le plus dans tout ça ? C’est qu’il a bien fallu que quelqu’un, quelque part, convainque fonctionnaires, sous-ministres, ministres, premier ministre, que ces décisions étaient les bonnes. Et qu’eux
se laissent passer ça sans broncher. Non, mais, à quoi pensent-ils ? Qu’est-ce que c’est que cette façon de dépenser des millions qui, de toute évidence, ne serviront pas à rencontrer les objectifs visés ? Pour moi, il s’agit d’une
opération vouée à l’échec, un coup d’épée dans l’eau, une démarche stérile. Une annonce préélectorale qui sonne faux.
Tant qu’à ça, il eût mieux valu détourner cette somThermopompes et muffins : la politique du paraître
Je ne suis ni politicien, ni ministre, ni économiste, ni actuaire. Mais les deux dernières mesures du gouvernement caquiste me semblent d’un ridicule qui tue.
La première, 350 millions pour l’installation de thermopompes dans les immeubles locatifs. Québec prétend que cela fera réduire sensiblement la facture d’électricité pour les locataires (250 dollars par année), et que les proprios pourront se faire rembourser de leur dépense (50 % de la facture), en refilant une augmentation aux locataires. D’abord, question : pourquoi pensez-vous que les gens se font installer une thermopompe ? D’abord pour avoir l’air climatisé ! Or, les études évaluent que, en moyenne, dépendant de la grandeur de l’appartement, l’utilisation de la « clim » via une thermopompe coûte entre 40 et 100 dollars par mois. Bref, non seulement ça annule toute l’économie de la mesure pour les locataires, mais en plus ça va solliciter encore plus d’énergie à Hydro en période estivale. Le principe est simple, quand tu as une thermopompe, tu t’en sers. Deuxio, il n’y a aucune chance, aucune, de manière concrète, que les propriétaires immobiliers rentrent dans leur argent en refilant la facture à leurs locataires. La moyenne du coût d’installation d’une thermopompe est de 5 500 dollars, donc 2 750 dollars (50 %) à payer pour un proprio. Si on considère qu’un locataire accepte de payer 10 dollars de plus par mois rien que pour compenser l’installation de l’équipement (ce qui est loin d’être acquis, bien au contraire, la plupart ne l’accepteront pas, je le sais par expérience), eh bien cela prendrait 23 ans pour qu’un propriétaire se fasse rembourser au complet son investissement. 23 ans !
L’autre mesure, c’est le retrait de la taxe TVQ pour certains produits en épicerie, soi-disant pour donner un peu d’air aux plus démunis. Or, savez- vous de quels produits il s’agit ? Les plats de légumes mélangés, les muffins à l’unité, les noix et graines salées et les barres granola ne représentent aucunement les denrées achetées par ceux ayant à se serrer la ceinture. Alors la mesure (qui coûtera 100 millions par année à Québec) profitera plutôt à la classe moyenne et aux mieux nantis, qui n’ont pas vraiment besoin de cette économie estimée à 45 dollars par année. Pire, ces deux annonces bonbons, totalisant 350 millions, devront être financées, donc coûteront des millions de plus en intérêts.
Savez-vous ce qui m’interpelle le plus dans tout ça ? C’est qu’il a bien fallu que quelqu’un, quelque part, convainque fonctionnaires, sous-ministres, ministres, premier ministre, que ces décisions étaient les bonnes. Et qu’eux
se laissent passer ça sans broncher. Non, mais, à quoi pensent-ils ? Qu’est-ce que c’est que cette façon de dépenser des millions qui, de toute évidence, ne serviront pas à rencontrer les objectifs visés ? Pour moi, il s’agit d’une opération vouée à l’échec, un coup d’épée dans l’eau, une démarche stérile. Une annonce préélectorale qui sonne faux.
Tant qu’à ça, il eût mieux valu détourner cette somme pour la refiler aux organismes communautaires ayant récemment manifesté pour obtenir un peu de répit et surtout, un meilleur financement. Ce sont eux les mieux placés pour venir en aide à celles et ceux ayant les besoins les plus criants. Une aide directe qui aurait pu faire une différence instantanée. Au lieu de ça, on a opté pour une lubie de fonctionnaires déconnectés, qui, du haut de leur tour d’ivoire, se mettent au service d’un gouvernement en mal d’appuis, en recherche désespérée d’une nouvelle image.
Ce qui choque au fond, ce n’est pas seulement le gaspillage de centaines de millions de dollars, c’est l’impression grandissante que les décisions publiques ne sont plus prises en fonction de leur efficacité réelle, mais en fonction de leur effet. Quelqu’un pourrait-il rappeler à la CAQ qu’on n’administre pas une province comme une campagne publicitaire ?
me pour la refiler aux organismes communautaires ayant récemment manifesté pour obtenir un peu de répit et surtout, un meilleur financement. Ce sont eux les mieux placés pour venir en aide à celles et ceux ayant les besoins les plus criants. Une aide directe qui aurait pu faire une différence instantanée. Au lieu de ça, on a opté pour une lubie de fonctionnaires déconnectés, qui, du haut de leur tour d’ivoire, se mettent au service d’un gouvernement en mal d’appuis, en recherche désespérée d’une nouvelle image.
Ce qui choque au fond, ce n’est pas seulement le gaspillage de centaines de millions de dollars, c’est l’impression grandissante que les décisions publiques ne sont plus prises en fonction de leur efficacité réelle, mais en fonction de leur effet. Quelqu’un pourrait-il rappeler à la CAQ qu’on n’administre pas une province comme une campagne publicitaire ?