Une artiste almatoise, Caroline Gaudreault, rayonne de plus en plus sur la scène internationale. Elle participera à neuf expositions collectives à l’étranger cette année aux États-Unis et en Australie. Caroline Gaudreault présentera également sa première exposition individuelle en Californie l’an prochain.
Son calendrier pour la suite est déjà très rempli.
« J’ai des expositions programmées jusqu’en février 2029, dans des galeries prestigieuses et bien établies », explique l’artiste qui travaille principalement la peinture acrylique.
Son univers s’inscrit dans le courant de la pop-surréalisme, bien qu’elle préfère elle-même parler de réalisme magique. Ses œuvres, essentiellement figuratives qui mélange nostalgie et étrangeté, intègrent une grande part d’imagination et de symbolisme.
L’artiste puise notamment son inspiration dans le folklore entourant le jour des Morts au Mexique. Elle y a vécu pendant trois ans et a été profondément marquée par les représentations de squelettes ornés de fleurs autour des yeux.
« Quand j’ai découvert ce symbolisme, je l’ai trouvé extraordinaire. L’idée des fleurs autour des yeux vient un peu de là. On est tous éphémères. C’est la beauté et la laideur en même temps », raconte-t-elle.
Malgré la présence de références à la mortalité, ses œuvres ne sont pas morbides, ajoute-t-elle. Elles dégagent plutôt une certaine douceur, voire un sentiment rassurant.
La nostalgie occupe également une place importante dans sa démarche artistique.
« Ce qui m’inspire beaucoup, ce sont les vieilles photos en noir et blanc. On regarde ces gens et on se demande à quoi ils pensaient. Ils ne savaient pas ce qui les attendait. J’essaie de capturer cet esprit-là dans mes tableaux. »
Une aventure commencée en 2023
L’aventure internationale de Caroline Gaudreault a véritablement commencé en 2023, lorsqu’elle a soumis son dossier à deux galeries de Californie. Elle ne s’attendait pas à obtenir une réponse rapidement, mais ses démarches ont porté leurs fruits.
D’autres galeries ont ensuite découvert son travail et ont commencé à l’inviter à participer à des expositions. Un tournant important est survenu en 2025, lorsque le magazine australien Beautiful Bizarre, reconnu dans le milieu de l’art contemporain, l’a invitée à prendre part à une exposition collective en Californie réunissant environ 70 artistes internationaux.
« C’était tout un honneur de recevoir cette invitation. À partir de là, les gens ont commencé à acheter mes œuvres en prévente. C’est à ce moment que j’ai vraiment commencé à vendre », souligne-t-elle.
Cette reconnaissance, Caroline Gaudreault l’a obtenue tout en travaillant depuis sa résidence à Alma. Elle n’a pas cherché à développer sa carrière localement et n’a jamais exposé son travail dans sa ville natale.
Une perfectionniste
L’artiste souligne qu’elle produit peu et chacune de ses œuvres exige de nombreuses heures de travail. Esquisses, dessins préparatoires et détails minutieux font partie intégrante de son processus. Perfectionniste, elle refuse de terminer une œuvre tant qu’elle n’en est pas pleinement satisfaite.
En 2027, elle présentera sa première exposition individuelle en Californie. L’événement débutera le 21 février et ses œuvres y demeureront pendant trois mois.
Même si elle vit aujourd’hui de son art, Caroline Gaudreault avance prudemment. Elle a refusé plusieurs propositions de compagnies souhaitant reproduire ses œuvres sur des casse-têtes ou dans des magasins de détail.
« Je voulais construire une carrière sérieuse, pas faire n’importe quoi. Je préférais bâtir quelque chose de solide plutôt que de chercher à faire le plus d’argent possible rapidement. »
Une vocation artistique née dans l’enfance
Caroline Gaudreault a grandi dans un environnement où la créativité occupait une place importante. Aujourd’hui âgée de 54 ans, elle considère que son parcours artistique a commencé bien avant ses études en arts plastiques.
Chez les Gaudreault, les enfants étaient encouragés à créer. Les frères de Caroline étaient de véritables patenteux : ils avaient toutes sortes de projets, manipulaient des moteurs et des appareils électroniques, allant jusqu’à démonter des télévisions.
« Mes frères faisaient toutes sortes de projets dans la maison et nos parents nous laissaient faire. Moi, c’était beaucoup le dessin. Au lieu de jouer à des jeux de société, je fabriquais mes propres jeux. Je faisais aussi des vêtements pour mes poupées. C’était créatif », raconte-t-elle.
Cette imagination débordante ne l’a toutefois pas immédiatement menée vers une carrière artistique. Dans les années 1990, Caroline Gaudreault a étudié en arts plastiques au Collège d’Alma. À cette époque, l’absence d’Internet et les débouchés limités dans le domaine l’ont découragée.
« Je trouvais que c’était impossible d’en vivre. Pourtant, j’ai finalement réalisé beaucoup d’œuvres et je les ai vendues. Mais j’ai quand même décidé d’étudier autre chose », explique-t-elle. Son parcours professionnel s’est alors diversifié.
Elle a travaillé dans le domaine de l’enseignement, notamment comme professeure d’histoire et d’espagnol au collégial et au secondaire. Elle a également fait de la rédaction. Malgré ces expériences, le besoin de créer n’a jamais complètement disparu.
Un élément déclencheur
Un séjour au Mexique a marqué un tournant dans sa démarche artistique. À son retour, Caroline Gaudreault s’est replongée dans le dessin et après avoir découvert l’univers entourant le folklore du Jour des Morts. Cette tradition l’a profondément inspirée. Elle y a trouvé une façon d’aborder la fragilité de l’existence avec sensibilité.
« Quand je suis revenue du Mexique, je me suis remise au dessin et ça m’a allumée. J’ai commencé à refaire des peintures tout en travaillant », se souvient-elle.
Pendant plusieurs années, l’artiste a donc partagé son temps. La naissance de son fils, en 2013, a toutefois changé son quotidien. Caroline Gaudreault a cessé de travailler pendant plusieurs années. C’est durant cette période qu’elle a pu donner davantage de place à sa pratique artistique.
« C’est là que j’ai commencé à m’investir vraiment. En 2018, je me suis lancée à fond », termine-t-elle.