L’Union des producteurs agricoles (UPA) lance un avertissement au gouvernement fédéral : aucune nouvelle concession ne devrait être accordée au secteur laitier dans le cadre des négociations commerciales avec les États-Unis.
L’UPA estime qu’Ottawa a déjà multiplié les gestes de bonne volonté envers son voisin du Sud au cours de la dernière année afin de « satisfaire l'appétit insatiable du président américain ».
L’organisation cite la levée de la majeure partie des contre-tarifs canadiens, l’abandon de la taxe sur les produits numériques, l’annulation des redevances imposées aux grandes plateformes de diffusion comme Netflix et Prime Video ainsi que le partage des recettes nettes des péages du pont international Gordie-Howe entre Windsor et Détroit, malgré un projet financé entièrement par le Canada.
« Le Canada a concédé près de 8,4 % de sa production et de sa transformation laitière dans les trois derniers accords de libre-échange, entraînant plusieurs milliards de dollars en pertes récurrentes et permanentes pour le secteur. Les productrices et producteurs de lait ne doivent pas continuellement faire les frais de telles négociations. », a déclaré le président général de l'UPA, Martin Caron.
L’organisation fait également valoir que les importations américaines de produits laitiers au Canada ont bondi de 150 % depuis l’entrée en vigueur de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM). Dans ce contexte, elle juge qu’une ouverture additionnelle du marché canadien serait « déraisonnable » et ne permettrait pas d’éviter de nouvelles revendications américaines dans les années à venir.
Au Québec, la production laitière représente près du quart des recettes agricoles totales. La province génère à elle seule 36 % des revenus de la production laitière canadienne et regroupe près de la moitié des fermes laitières du pays, ce qui en fait le principal bassin de production au Canada.
« Le secteur laitier génère 270 000 emplois au pays et contribue à hauteur de 28 G$ au PIB. Compromettre davantage cette contribution exceptionnelle causerait un tort irrémédiable au lien de confiance entre les 9 000 fermes laitières au pays et le gouvernement. », a conclu M. Caron.