Économie

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Churchill Falls

Québec sécurise une entente de plus de 10 000 MW

Le 18 août 2026 — Modifié à 07 h 58 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

L’entente-cadre touchant la centrale hydroélectrique de Churchill Falls, signée par Hydro-Québec et la Newfoundland and Labrador Hydro (NL Hydro), a été dévoilée lundi par le premier ministre canadien Mark Carney, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador Tony Wakeham ainsi que par la première ministre québécoise, Christine Fréchette.

Présenté à Saint-Jean de Terre-Neuve-et-Labrador, l'entente prévoit la prolongation de l'approvisionnement du Québec en électricité provenant de la centrale de Churchill Falls. Jusqu’en 2077, Hydro-Québec pourra ainsi bénéficier de son énergie produite à un coût d'environ 6 cents/kWh. À titre indicatif, le coût de la production prévue par Hydro-Québec au-delà de 2035 est estimé à 17 cents/kWh.  

L'entente ouvre également la voie à d’importants développements énergétiques d’Hydro-Québec au Labrador estimés à 45 milliards de dollars et ayant le potentiel de générer plus de 10 000 MW. En comparaison, le protocole d'entente entre les deux provinces voisine signée par François Legault en 2024 prévoyait un potentiel de 7 200 MW.

Sur le potentiel total annoncé, 6 915 MW sont déjà engagés alors que 3 850 MW supplémentaires sont associés à des projets à l'étude. Ceux-ci incluent notamment la construction d'un parc éolien, l'ajout d'une nouvelle centrale près de Churchill Falls, l'augmentation de la puissance des installations existantes de cette centrale ainsi que la construction de la centrale de Gull Island. Par ailleurs, Hydro-Québec pourra acheter les MW excédents de NL Hydro selon un mécanisme de prix préétabli.

Hydro-Québec s'engage aussi à poursuivre le dialogue avec les communautés autochtones et collectivités du Québec et du Labrador afin de favoriser leur participation à la planification et à la réalisation des projets.

Des économies évaluées à 200 milliards $

Selon le cabinet de la première ministre du Québec, Christine Férchette, ce nouveau partenariat permettra de doubler les volumes d'électricité produits tout en générant des économies estimées à 200 milliards de dollars sur une période de 50 ans.

De son côté, le gouvernement fédéral, entend également soutenir l'entente à hauteur de 6,5 milliards de dollars, notamment par l'entremise de crédits d'impôt et d'autres programmes d'aide. Le cabinet de Christine Fréchette souligne toutefois que ces investissements seront réalisés dans le respect des champs compétences provinciales.

« Dans le contexte géopolitique actuel, il est vital pour toute nation de sécuriser son avenir énergétique. […] Avec ce partenariat, on vient soutenir la transition énergétique et permettre le développement de notre économie à partir d'une énergie renouvelable, tout en assurant notre autonomie énergétique. », a déclaré Christine Férchette.

Un accueil favorable du milieu économique

L'annonce a été bien reçue par les représentants du milieu des affaires québécois. Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) estime que l'entente permettra de renforcer la sécurité énergétique de la province tout en soutenant ses ambitions industrielles et économiques.

« Dans un contexte où plusieurs entreprises sont déjà en attente de blocs d'énergie pour décarboner leurs activités, réaliser des projets d'expansion ou concrétiser de nouveaux investissements, sécuriser de nouvelles capacités de production est essentiel. », a souligné la présidente-directrice générale du CPQ, Michelle Llambías Meunier.

Le CPQ estime toutefois que l'accès à ce nouvelle approvisionnement énergétique devra s'accompagner de tarifs concurrentiels afin de préserver l'attractivité du Québec pour les investisseurs.

L'Association minière du Québec (AMQ) a également salué l'entente, y voyant une occasion de soutenir la croissance du secteur minier québécois. L'organisation rappelle cependant que le développement de nouvelles capacités énergétiques devra être accompagné d'infrastructures de transport adéquates ainsi que de conditions d'accès prévisibles pour les entreprises.

« Plusieurs mines en activité ont des projets qui nécessitent de l'énergie, que ce soit pour électrifier leurs opérations, prolonger leur durée de vie, optimiser leurs procédés ou moderniser leurs installations. […] Pour transformer ce potentiel en activités concrètes, nous devons offrir aux investisseurs un environnement concurrentiel et prévisible, ainsi qu'un accès à l'énergie adapté aux besoins du développement de notre secteur. », a déclaré la présidente-directrice générale de l'AMQ, Emmanuelle Toussaint.

Un nouveau chapitre pour Churchill Falls

La nouvelle entente s'inscrit dans la continuité du contrat signé en 1969 par Hydro-Québec. D'une durée initiale de 65 ans, ce contrat avait pour vocation de demeurer en vigueur jusqu'en 2041.

Mise en service en 1974, la centrale de Churchill Falls affichait une puissance installée de 5 428,5 MW et figure parmi les plus importantes centrales hydroélectriques souterraines du monde. En 2018, la Cour suprême du Canada avait rejeté une demande de Terre-Neuve-et-Labrador visant à forcer Hydro-Québec à renégocier les conditions du contrat avant son échéance.

En 2024, une entente de principe entre Terre-Neuve-et-Labrador et le Québec proposait de remplacer dès 2025 l'entente de 1969. Finalement, de juin à août 2026, plusieurs séances de négociation ont eu lieu, pour aboutir à la nouvelle entente-cadre annoncée hier

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