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Villégiature : de plus en plus de propriétaires sont de l’extérieur de la région

Serge Tremblay
Le 17 février 2023 — Modifié à 07 h 13 min le 17 février 2023
Par Serge Tremblay - Rédacteur en chef

De plus en plus de camps et chalets en forêt deviennent la propriété de gens davantage fortunés de l’extérieur de la région. Une réalité qui inquiète le Regroupement des locataires en terres publiques (RLTP), dont le mandat consiste notamment à défendre l’accessibilité à la villégiature.

« Les valeurs de vente des chalets sont en hausse et une grande partie appartient à des gens de l’extérieur qui sont prêts et capables de mettre le prix. Sur ça, on ne peut pas faire grand-chose, c’est le marché qui parle, mais c’est inquiétant de voir que de moins en moins de gens de la région peuvent avoir accès à la villégiature », laisse tomber Daniel Potvin, coprésident régional du RLTP.

Celui-ci précise que la valeur des terrains a grimpé de façon importante ces dernières années. Les MRC ne sont plus en mesure de rendre disponible un nombre suffisamment élevé de nouveaux terrains alors que la demande, elle, demeure très forte.

« La valeur des terrains a augmenté de 56%, tandis que les bâtisses ont connu une hausse de l’ordre de 5-6 %. Et notre région s’en tire plutôt bien, il y a des endroits où les augmentations sont de 300 à 400%. L’an dernier, il y a eu zéro terrain offert dans Maria-Chapdelaine et dans Fjord-du-Saguenay, un ou deux dans Lac-Saint-Jean-Est et peut-être quatre ou cinq dans Domaine-du-Roy. Ça ne répond clairement pas à la demande. »

Daniel Potvin et Arthur Fortin, coprésidents régional du Regroupement des locataires en terres publiques.

Propriétaires vieillissants

Ces hausses se répercutent naturellement sur la somme des taxes à acquitter, ce qui exerce une pression sur les gens qui possèdent déjà un camp en forêt.

« Honnêtement, je ne vois pas comment un jeune travailleur qui débute sa famille peut avoir accès à la villégiature sans avoir un très bon salaire. On le voit, nos membres sont âgés en moyenne de 67 à 68 ans. Les jeunes que l’on voit, c’est parce que leur père avait le chalet avant eux. »

Et comme les villégiateurs sont vieillissants, il y aura sans doute bon nombre de chalets et camps disponibles sur le marché dans les prochaines années. Là encore, craint Daniel Potvin, ce sont des acheteurs de l’extérieur qui risquent fort de les acquérir.

« On ne peut pas prétendre que ce sont des retombées intéressantes. Les gens partent de Montréal, Québec ou Sherbrooke et vont sans doute mettre de l’essence et acheter un peu de nourriture chez nous, mais ce n’est pas ici qu’ils vont acheter leur camion, leur motoneige ou leur VTT. »

Peu de solutions

Le RLTP n’entrevoit pas de solutions faciles à cette réalité. Là où il y a possiblement un peu de marge de manœuvre, c’est du côté de la valeur des terrains, croit Daniel Potvin.

« Est-ce qu’il serait possible d’en développer davantage pour améliorer l’offre? Il y a eu des discussions pour qu’il soit possible de donner un terrain additionnel sur les lacs de 10 à 20 hectares qui comptent déjà un terrain. Il y a aussi la notion de développer en grappe, par exemple sur une montagne avec un accès commun à un lac à proximité. Mais c’est déjà difficile en forêt avec les chicanes de territoire de chasse. Et il y a aussi les communautés autochtones qui ont des droits ancestraux. C’est complexe. »

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