Le gouvernement du Québec a conclu une entente de principe visant à retirer un amendement controversé au projet de loi 15, après une levée de boucliers de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP). L’annonce a été faite hier par le ministre du Travail, Jean Boulet, rapporte Radio-Canada.
L’amendement en question, proposé par le député de Québec solidaire Alexandre Leduc, visait à plafonner les honoraires facturés par les pharmaciens aux assureurs privés à ceux de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) ou un seuil établi par le gouvernement. La mesure avait été adoptée à la suite de préoccupations exprimées par des employeurs, des syndicats et des assureurs.
Cependant, pour l’AQPP, cet amendement mettait directement en péril le modèle économique des pharmacies communautaires, particulièrement en région. L’organisation soutenait qu’en se donnant le pouvoir de modifier unilatéralement les honoraires, sans négociation ni préavis, le gouvernement créait un climat d’incertitude pour les pharmaciens propriétaires.
Selon plusieurs d’entre eux, la simple annonce de l’adoption de l’amendement aurait provoqué une véritable « onde de choc » dans le milieu. Des institutions financières auraient interrompu des transactions et suspendu l’octroi de prêts aux pharmacies. Des ventes d’entreprises, tout comme des projets d’agrandissement ou de rénovation auraient été mis sur pause. Certains pharmaciens craignaient également que le plafonnement des honoraires mène à des fermetures de pharmacies, faute de revenus suffisants.
Pour faire pression sur le gouvernement, l’AQPP avait suspendu toutes les négociations avec Québec concernant le projet de loi 67. Ce projet de loi prévoit notamment l’élargissement des pouvoirs des pharmaciens, en leur permettant d’administrer certains médicaments à des fins thérapeutiques et de remplacer des médicaments dans davantage de situations cliniques.
En contrepartie du retrait de l’amendement au projet de loi 15, le gouvernement demande maintenant à l’AQPP de prendre part à des discussions tripartites avec Québec et les assureurs. Ces pourparlers porteront spécifiquement sur les honoraires liés aux médicaments de spécialité.