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Infrastructures vieillissantes

L’état du réseau d’eau potable freine la construction de logements

Émile Boudreau
Le 31 mars 2026 — Modifié à 11 h 30 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

Une étude commandée par le Groupe tactique sur les infrastructures en eau liées au logement dresse un constat alarmant : le réseau québécois d’eau potable est mis à rude épreuve et devra combler des besoins importants d’ici 2031.

Selon l’étude, les infrastructures en eau sont vieillissantes et peinent à suivre la croissance démographique ainsi que les impératifs de densification urbaine. À cela s’ajoute une consommation d’eau particulièrement élevée. Le Québec affiche en effet la deuxième plus forte consommation d’eau par habitant au pays, accentuant la pression sur des réseaux déjà affaiblis, notamment par les effets des changements climatiques.

« Le sous-financement chronique des infrastructures en eau n’est plus un enjeu secondaire : il freine directement la construction de logements et accentue les problèmes d’abordabilité. Chaque projet retardé ou abandonné faute de capacité des réseaux d’eau illustre l’urgence d’agir. », souligne le Groupe tactique, qui appelle à une mobilisation rapide et coordonnée de l’ensemble des paliers de gouvernement.

Un déficit d’investissement criant

L’étude pointe d’abord un problème structurel de sous-financement. Les municipalités investissent en moyenne 280 $ par habitant dans les infrastructures en eau, alors que les besoins réels sont évalués à 799 $ par habitant. Du côté provincial, la situation n’est guère plus reluisante : les investissements ont diminué de 400 millions de dollars depuis 2018.

Ce manque de ressources entraîne des répercussions concrètes sur la construction résidentielle. En 2025, pas moins de 43 municipalités ont dû restreindre des projets immobiliers, freinant la construction d’environ 36 000 logements, selon l’étude. Cette situation a mené à l’imposition de moratoires, à la suspension de permis de construction et à l’application de redevances pouvant atteindre 5 390 $ par logement.

Des solutions proposées à tous les niveaux

Face à ce constat, le Groupe tactique réclame des actions immédiates. Au palier municipal, il recommande l’implantation du principe utilisateur-payeur à l’aide de compteurs d’eau. L’exemple de Repentigny est mis de l’avant : malgré une croissance de la population de 18 % en 20 ans, la consommation d’eau y est demeurée stable. Le groupe suggère également le recours à des outils comme le financement par accroissement de la valeur foncière afin de mieux gérer la consommation d’eau et de financer les infrastructures sans hausse de taxes.

Au niveau provincial, le Groupe tactique demande une augmentation des investissements dans le Plan québécois des infrastructures (PQI), un financement plus prévisible et durable, des incitatifs favorisant l’adoption des compteurs d’eau et une révision des priorités pour résorber le déficit de maintien des actifs.

Enfin, le gouvernement fédéral est invité à accroître sa contribution en bonifiant les transferts au Québec et en offrant davantage de flexibilité aux acteurs locaux pour leur permettre de prioriser les projets jugés les plus urgents.

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