À la veille de l’entrée en vigueur de nouvelles hausses des tarifs d’électricité d’Hydro‑Québec, trois organisations représentant les consommateurs et les entreprises sonnent l’alarme.
Dans une sortie concertée, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), Option consommateurs et l’Association québécoise des consommateurs industriels d’électricité (AQCIE) affirment vouloir éviter que le Québec ne se heurte à un « mur tarifaire » et estiment que la trajectoire actuelle des tarifs d’électricité, alimentée par les dépenses et les investissements d’Hydro‑Québec, exerce une pression croissante sur les entreprises comme sur les ménages.
Les trois associations multiplient actuellement les rencontres avec les partis politiques et le cabinet du ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie afin de proposer des changements qu’elles jugent essentiels pour freiner ce qu’elles décrivent comme une « dérive réglementaire ».
Elles demandent de redonner une pleine liberté de moyens à la Régie de l’énergie dans l’exercice de son mandat. Elles souhaitent également l’élimination du plafond limitant la hausse annuelle des tarifs résidentiels, tout en réclamant un meilleur soutien ciblé aux ménages. À cette fin, elles proposent l’ajout d’une composante « énergie » au crédit d’impôt pour solidarité.
Elles demandent par ailleurs que la Régie de l’énergie puisse évaluer l’ensemble des appels d’offres en approvisionnement d’électricité, y compris ceux autorisés par le gouvernement. Elles plaident aussi pour le retrait des éléments jugés non essentiels de la tarification de l’électricité et pour l’ouverture d’une discussion publique sur deux enjeux : l’interfinancement et le bloc patrimonial.
Hausses tarifaires revues à la baisse
Ces demandes surviennent dans la foulée de la révision récente des hausses tarifaires pour la période 2026‑2028 par la Régie de l’énergie. Initialement, Hydro‑Québec réclamait des augmentations annuelles de 4,8 % pour les clientèles d’affaires et industrielles et de 3 % pour les clients résidentiels. Après analyse, la Régie a revu ces hausses à la baisse.
Les augmentations applicables aux entreprises avaient d’abord été réduites à 3,6 %, avant d’être ajustées à 3,8 % pour l’année 2026 à la suite de nouveaux calculs fournis à la Régie par Hydro‑Québec. Du côté résidentiel, les hausses de 3 % sont maintenues en 2026 et 2027, tandis qu’elles atteindront 2,9 % en 2028, plutôt que les 2,6 % initialement envisagés. Les hausses prévues pour 2027 et 2028 sont toutefois autorisées à titre provisoire. La Régie souhaite compléter son analyse à la lumière de la contestation des calculs d’Hydro‑Québec déposée par l’AQCIE et le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ).
Malgré ces ajustements, les trois associations estiment que les augmentations prévues figurent parmi les plus importantes observées depuis une vingtaine d’années et risquent de miner la compétitivité des entreprises, de freiner l’investissement et d’augmenter davantage le coût de la vie. À leurs yeux, il s'agit là du résultat d’une planification énergétique déficiente et d’un encadrement réglementaire qui doit être corrigé sans tarder pour éviter des impacts durables sur l’économie québécoise.