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Pointe des Américains: Ville d’Alma assure la protection

Le 06 janvier 2011 — Modifié à 00 h 00 min le 06 janvier 2011
Par Karine Desrosiers

Sous réserve des études techniques qui devront être réalisées au cours des prochains mois par le service des Travaux publics de Ville d’Alma, l’entreprise terrassements Jocelyn Fortin pourrait réaliser un imposant projet immobilier pouvant atteindre jusqu’à une centaine de terrains, aux abords de la Pointe des Américains, dans le prolongement de la rue St-Anne. Cependant, ce projet sera enclavé avec des rues en boucle qui assureront une préservation intégrale du concept de parc urbain que Ville d’Alma a voulu créer en se portant acquéreur de la majorité des terrains du secteur de la Pointe des Américains.

On se rappellera qu’en avril 2004. Ville d'Alma rachetait une partie de son histoire en se portant acquéreur d'une grande partie de la Pointe des Américains, soit la partie Est de l'Île d'Alma, à la rencontre de la Grande et de la Petite-Décharge. Il s'agit d'une superficie de quelque 83,3 hectares, acquise au prix de 200 000 $ pour en faire un parc urbain et de conservation.

Cette transaction majeure touchait alors une pointe de terre de quelque 8 966 630 pieds carrés et qui constitue, presque en plein centre-ville d'Alma, un des derniers secteurs sauvages de la ville où poussent de magnifiques érables rouges et où vivent une faune et une flore dont la majorité des gens ignorent même l'existence.

« On achète pour un prix très raisonnable quelque chose que je qualifierais de forêt urbaine », avait lancé le maire de l’époque Gérald Scullion.

Vers les années 1880, avant même que l'on ne rehausse le niveau de la rivière Saguenay avec la construction des barrages de Shipshaw et Chûte-à-Caron, il existait dans ce secteur du bout de l'île d'Alma une magnifique pourvoirie fréquentée par des Américains, d'où l'appellation Pointe des Américains. Au pied de la chute qui existait à cet endroit, il y avait de l'ouananiche en quantité.

Cette pourvoirie a ensuite été la propriété du Club des 12, un regroupement de riches Américains amateurs de pêche.

Puis, le secteur a été acquis par un dénommé Xavier Harvey qui possédait une fromagerie dans le rang Melançon. En 1975, l'homme d'affaires feu Gilbert Pedneault en fut le propriétaire pendant quelques années avant que le tout ne soit racheté par un autre homme d'affaires, Antonio Girard.

« C'est par amour de la nature et pour en assurer la protection que mon père en avait fait l'acquisition. Je suis fier de voir que la ville va poursuivre cette mission », avait souligné lors de la transaction le porte-parole de la famille d'Antonio Girard.

Puis, en mai 2005, Ville d'Alma franchissait une autre étape en se portant acquéreur de deux autres lots totalisant 25 hectares sur la Pointe-des-Américains, poursuivant ainsi sa démarche de création d'un immense parc urbain en plein centre-ville, ce qui en ferait un des rares de cette envergure au Québec.

Ville d'Alma répondait ainsi favorablement à une offre de vente faite par le propriétaire de ces lots, l'ex-député fédéral Marcel Lessard. En prenant connaissance des intérêts du conseil municipal d'Alma de protéger ce secteur unique de la ville, il a donc décidé de l'offrir à la ville pour un montant comparable à celui porté au rôle d'évaluation, soit 30 000 $ ou 1,1 cent du pied carré.

Finalement, la Corporation d'aménagement de la Petite Décharge a décidé d'améliorer des sentiers existants, déjà utilisés par des citoyens, en y signalant l'entrée, en y posant des balises, en y aménageant certains passages plus critiques, en installant des bancs aux principaux points de vue, etc. Les sentiers, de niveau familial, représentent deux boucles de 2,5 et 3,1 kilomètres.

La ville échange des terrains

Au cours des derniers mois, Ville d’Alma et l’entreprise Terrassements Jocelyn Fortin ont procédé à un échange de terrains sur une base volontaire. Ainsi, Ville d’Alma peut poursuivre son action de préservation et de protection sur la bande riveraine de la Pointe des Américains, entre la ligne électrique et la Grande-Décharge. Pour le promoteur, sous réserve des études techniques, il y a un potentiel majeur de développement de 100 terrains pour un développement immobilier aux abords de la Pointe des Américains.

« Ce que l’on a fait vient consolider la vocation de parc naturel le long de la rivière Grande-Décharge tout en permettant un développement immobilier dans le secteur Naudville où il n’y avait plus de terrains de disponibles depuis quelques années. C’est un projet gagnant/gagnant pour la ville et le promoteur », assure Denis Verrette, directeur du service d’Urbanisme de Ville d’Alma.

Lors d’une rencontre à son bureau, Denis Verrette, avec plans d’urbanisme à la main, a fait la démonstration de tout l’intérêt de ce projet.

Du côté Nord-Est, Ville d’Alma possède déjà le lot où était situé l’ancien incinérateur. Terrassement Jocelyn Fortin possédait également deux lots dans le même secteur, contigües à celui de la ville. Ces deux terrains représentent 13 et 21,5 hectares que le propriétaire cède en contrepartie d’un terrain d’une dizaine d’hectares, au bout de la rue Ste-Anne.

« Cette acquisition permet de consolider la vocation de parc naturel le long de la rivière Grande-Décharge, tout en respectant les servitudes de passage, notamment pour la ligne électrique d’Énergie Électrique Québec qui traverse la Pointe de part en part », ajoute Denis Verrette.

Le développement projeté se ferait dans l’alignement de la rue Belvédère et le prolongement de la rue Ste-Anne, jusqu’à la ligne électrique.

Pour une première phase, Ville d’Alma autorise le promoteur à une première série de 28 maisons unifamiliales.

Ainsi, la rue Ste-Anne serait prolongée pour créer des petites rues en boucles permettant de relier les résidences. Ce sera un circuit fermé qui ne pourra déboucher plus loin dans le parc. Également, on étudie présentement le cadastre pour créer des terrains d’une profondeur de 120 à 140 pieds, ce qui permettrait de laisser une bande forestière de quelque 20 pieds de profond sur tout le pourtour de ce développement domiciliaire, conservant ainsi une division naturelle avec la partie du parc.

Du côté Sud, le développement ne pourra aller plus bas que l’axe Est-Ouest de l’actuelle rue Belvédère.

Ainsi, Ville d’Alma est propriétaire du site du Mont Villa Saguenay, il y a un propriétaire privé qui s’intercale puis on retrouve toute la bande de terrains en bordure de la rivière Petite-Décharge, jusqu’à la pointe, qui appartient à Alma. Il en va de même quand on remonte sur la Grande-Décharge vers le pont JF-Grenon, où Ville d’Alma, Rio Tinto Alcan et quelques particuliers.

« Naturellement, toutes ces décisions ont été prises en haut lieu par les membres du conseil et ça respecte en tout point la volonté politique de préservation de ce site amorcé sous l’administration du maire Gérald Scullion », rappelle Denis Verrette.

Dans le même esprit, le site de la Pointe des Américains, le Mont Villa Saguenay ainsi que le Centre de ski de fond Dorval font présentement l’objet d’une étude approfondie par le service des Loisirs pour valider la meilleure façon de mettre en valeur ces trois sites récréatifs majeurs sur le territoire de Ville d’Alma.

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