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Ville d'Alma est aussi à la merci de Dame Nature

Le 03 janvier 2014 — Modifié à 00 h 00 min le 03 janvier 2014
Par Karine Desrosiers

Des tempêtes de neige qui se suivent à répétition, des températures jamais vues de mémoire d'homme de -40 degrés C, du sel de déglaçage qui n'a aucun effet en raison de ce froid et l'utilisation d'une grande quantité de sable abrasifs: gérer le Plan stratégique de déneigement à Ville d'Alma n'est pas une mince affaire depuis le début du mois de décembre. Le service des travaux publics se retrouve lui aussi à la merci de Dame Nature et doit conjuguer avec les éléments.

« Cette année, on n'a pas ménagé pour rien au chapitre des abrasifs. Ma réserve m'inquiète et j'ai même peur d'en manquer cet hiver. Ma réserve de sable, j'en ai plus que la moitié de mangé et on vient à peine de commencer le mois de janvier. Dans cette réserve-là, il y a 12 000 tonnes métriques de sable. Moi, à ma connaissance, c'est arrivé une seule fois un hiver où on en avait manqué », souligne Judes Lachance, coordonnateur au transport routier au service des Travaux publics de Ville d'Alma.

En compagnie de Jean-Paul Simard, opérateur, une tournée de la ville d'Alma a permis de bien comprendre toute la complexité de l'entretien des rues et trottoirs en hiver. Et quand de surcroit, le grand froid comme on connaît présentement se met de la partie, difficile de garder le contrôle.

Notamment, il faut se rappeler que le sel de déglaçage utilisé, à une température inférieure à -12 ou -15 C. n'a plus d'efficacité. Donc, à -40 C, on ne pense même pas à l'utiliser.

Pour obtenir davantage d'adhérence aux intersections, les niveleuses de la ville ont utilisé des peignes pour briser la couche de neige durcie. Après quoi, on étale du sable, ce qui donne une relative adhérence.

« Cependant, il faut que les gens tiennent compte des températures dans leur façon de conduire, garder plus de distance et prévoir d'avance le freinage », souligne Judes Lachance.

Plan stratégique

Tout ce qui touche le déneigement à Alma est encadré dans un Plan stratégique qui précise toutes les étapes reliées au grattage, au ramassage de la neige ou au sablage. À cet effet, le service dispose d'un budget de quelque 2,1 M $ utilisé du 1er janvier à la fin de l'hiver et du début de l'hiver au 31 décembre de la même année.

Pour 2013, le service s'en tire avec un équilibre. Cependant, 2014 démarre en lion.

À l'édifice des Travaux publics, les murs du quartier général du Plan de déneigement sont recouverts de cartes illustrant chaque parcours.

Par exemple, le parcours de grattage lors d'une importante chute de neige comporte 11 trajets. Un chef d'équipe et 14 opérateurs de machinerie sont alors à l'œuvre sur des quarts de travail de 8 heures. On compte alors trois niveleuses, trois camions 10 roues, six camions avec grattes et deux véhicules pour les trottoirs.

Si la chute de neige est de plus de 10 cm. Deux hommes sont ajoutés pour nettoyer la passerelle et les escaliers au centre-ville.

Également, on doit obligatoirement prévoir le dégagement des bordures de ponts et les trottoirs sur Carcajou, Isle-Maligne et J-F-Grenon.

« Après une bonne tempête, j'ai huit parcours de ramassage de la neige. Ça me prend quatre jours pour nettoyer la ville, mais ça, c'est à condition que n'aie pas une autre tempête de neige avant comme ce fut le cas en décembre dernier », souligne Judes Lachance.

Pour le sablage, c'est la même chose et le service doit tenir compte de tous les facteurs, dont le froid intense, pour passer du sel de déglaçage à des abrasifs.

« De plus en plus cependant, les prévisions météo sont fiables. Par exemple, quand on a eu le verglas en décembre dernier, le ministère des Transports nous a avisé que ce mauvais temps était rendu à Roberval. On a immédiatement donné l'ordre à tous nos véhicules de mettre en place les chaînes et on était fin prêts quand c'est arrivé quelque 20 minutes plus tard », précise Sébastien Lapointe, chef d'équipe, qui tient à souligner la belle collaboration entre la Ville et le MTQ.

D'ailleurs, c'est Ville d'Alma qui s'occupe, en sous-contrat, de l'entretien de l'Avenue du Pont, entre la route du Lac et le secteur Delisle. Le ministère accorde une très haute note de qualité à la ville pour ce travail.

« C'est un secteur très complexe à entretenir. Il y a beaucoup de freinage et de départs rapides, de sorte que la neige devient glacée en peu de temps. La vitesse rapide des véhicules repousse le sable ou le sel sur les bords, ce qui diminue d'autant l'effet », précise Judes Lachance.

Poubelles et autos

Questionné sur les principaux éléments qui causent problème lors des différentes opérations reliées au déneigement, les responsables sont unanimes, les poubelles et les autos dans la rue.

Normalement, les gens devraient aligner leur poubelle ou leur bac de récupération à l'entrée de leur cour et non dans la rue, face à la falaise de neige. Les opérateurs sont confrontés à faire le tour, laissant ainsi une large partie de la rue non déblayée.

Également, les gens stationnement leur véhicule dans la rue pour que leur propre service de déneigement nettoie bien leur cour.

Il y a des rues ou le nombre de véhicules ainsi stationnés empêche la gratte de passer.

Les opérateurs en voient de toutes les couleurs. Il y en a par exemple qui mettent délibérément leur auto dans la rue pour éviter que la gratte ne repousse de la neige dans leur entrée. Cependant, quand la gratte revient quelques heures plus tard, elle pousse alors deux fois plus de neige dans la cour en question.

Cependant, l'objectif du département est d'offrir le meilleur service possible et la collaboration — et la compréhension — de la population permet d'atteindre cet objectif.

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