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Recrutement: un véritable casse-tête pour les restaurateurs

Yohann Harvey Simard
Le 09 juillet 2021 — Modifié à 16 h 33 min le 09 juillet 2021
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Compte tenu de la difficulté qu’ils ont à recruter du personnel, les restaurateurs tentent du mieux qu’ils peuvent de se rendre plus attrayants. Une tâche que les programmes d’aide gouvernementale rendent particulièrement laborieuse.

« Présentement, je fais du recrutement très agressif », affirme pour sa part Pierre-Luc Simard.

Cela se traduit notamment par la décision de faire passer son salaire de départ à 14,50$/h pour les employés à temps partiel et à 15,50$/h pour ceux à temps plein. Des bonifications sont également prévues pour les candidats avec de l’expérience.

« En ce moment, dans la restauration, on paye des salaires qu’on n’aurait pas le moyen de payer juste pour rester ouvert », précise-t-il.

Pierre-Luc Simard mentionne également offrir « des conditions de travail incroyables », notamment en regard aux horaires, qu’il qualifie de « très flexibles ».

D’ailleurs, mais depuis déjà quelques années, des mesures similaires ont aussi été adoptées par le gérant du Pacini, François-Olivier Pelletier.

« En cuisine, il n’y a eu plus personne qui est payé au salaire minimum. En fonction de la vitesse d’apprentissage et de l’expérience, ça peut monter pas mal. Et ça, c’est sans compter tous les avantages qu’on offre au niveau des conditions de travail. »

Prestations gouvernementales

Si le recrutement se faisait déjà difficile avant la pandémie, les mesures d’aide du gouvernement telles que le chômage prolongé, bien que nécessaires, n’ont aidé en rien les restaurateurs.

« Je ne dis pas que ce n’était pas important, mais il y a des gens qui en profitent alors qu’ils seraient capables de travailler. Ça n’aide pas du tout », déplore Pierre-Luc Simard.

Du même avis, François-Olivier Pelletier ne remet pas non plus en question le bien fondé des prestations, mais estime qu’il y aurait de meilleures façons de procéder.

« Au lieu de donner un nanan de 325$ toutes les semaines, je crois qu’on pourrait utiliser cet argent-là pour bonifier les heures travaillées », donne-t-il à titre d’exemple.

Malgré les difficultés liées au recrutement, François-Olivier Pelletier s’estime chanceux de pouvoir compter sur des employés de qualité tels que Maëla Delisle.

Un grand ménage?

De façon plus générale, Roberto Martel laisse quant à lui entendre que l’industrie de la restauration aurait besoin d’un « grand ménage ».

L’an dernier, celui-ci avait d’ailleurs tenté d’instaurer un nouveau modèle permettant une répartition plus juste des pourboires entre ses employés. Un modèle qu’il appela « gestion de restaurant équitable ».

« Avec ce système-là, tout le monde gagnait en moyenne 22-23 dollars de l’heure. Mais j’ai été obligé de l’arrêter après trois mois parce que ça chialait beaucoup trop. »

« La restauration, moi je crois qu’il y aurait un ménage à faire là-dedans. Peut-être que les serveuses seraient moins motivées, mais on gagnerait dans la qualité de nos cuisiniers parce qu’ils auraient enfin des salaires décents. »

Roberto Martel précise qu’il ne veut rien enlever à personne, mais bien juste que tout le monde soit rémunéré à sa juste valeur.

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