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Marco Tremblay se défend d’avoir manqué à ses engagements

Yohann Harvey Simard
Le 26 mars 2023 — Modifié à 11 h 46 min
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Accusé par la municipalité de Saint-Bruno de ne pas avoir respecté ses engagements, le promoteur derrière le développement résidentiel du lac Marco, Marco Tremblay, souhaite remettre les pendules à l’heure. Selon lui, la situation aurait pris des proportions démesurées en raison d’un « manque de communication ».

« Je ne comprends même pas pourquoi ils ont envoyé ça aux avocats. On a tout fait! Ils [la municipalité] ont une mauvaise compréhension du dossier, ils n’ont même pas parlé à l’Association des résidents du lac Marco. Dans la vie, je fais mes affaires droites, je les ai toujours faites droites, et ça va continuer. Je ne suis pas là pour me sauver. »

Rappelons qu’afin de réaliser son développement résidentiel, Marco Tremblay a fait l’acquisition d’un terrain auprès de la Ville de Saint-Bruno pour la somme de 17 000 $ en 2014. Le prix de vente avait été établi en tenant compte de divers engagements pris par le promoteur, soit d’aménager un chemin d’accès conformes aux exigences de la municipalité et de procéder à la réparation d’un barrage, peut-on apprendre dans un document de la municipalité.

En 2021, la municipalité a mis en demeure Marco Tremblay, qui n'avait toujours pas rempli ses obligations. Une entente à l’amiable stipulant que les travaux devraient être réalisés au plus tard à l’été 2022 avait été conclue par la suite.

Étant donné que le barrage n’a toujours pas été réparé en date d’aujourd’hui, la municipalité a récemment adopté un projet de règlement visant à autoriser la prise de mesures judiciaires contre Marco Tremblay.

Rectifications

De son côté, le promoteur estime que c’est à tort qu’il a été accusé d’avoir manqué à ses engagements puisque c’est pour des raisons hors de son contrôle qu’il n’a pas encore pu procéder à la réparation du barrage. À ce titre, dit-il, il semble que la municipalité n’ait pas pris en compte l’important délai causé par l’évaluation obligatoire du barrage par le Centre d’expertise hydrique du Québec (CEHQ).

Marco Tremblay affirme que dès 2019, soit deux ans avant la mise en demeure, il avait déjà procédé à l’embauche d’un ingénieur chargé de déterminer les réparations nécessaires. L’ingénieur a remis son rapport en 2020, rapport qui a aussitôt été envoyé au CEHQ à des fins d’évaluation.

Or, c’est seulement en janvier dernier que Marco Tremblay a finalement reçu la lettre officielle du CEHQ lui permettant de débuter les travaux. Par ailleurs, ajoute-t-il, la lettre spécifiait qu’après vérification, les conséquences liées à la rupture du barrage étaient de niveau « faible », et non « élevé » tel qu’indiqué dans la précédente classification du barrage.

« Techniquement, avec un risque faible, je ne serais même pas obligé de le réparer, le barrage. Mais moi, je me suis engagé personnellement en 2020, même pas au nom de mon entreprise, personnellement, à remettre le barrage à niveau. Et c’est ce que je vais faire parce que les gens du lac Marco me tiennent à cœur. »

Selon Marco Tremblay, la situation s’est envenimée en raison d’un manque de communication.

« Il y a deux ans, il y avait de la pression du côté de l’Association. Ça disait “ça ne bouge pas, ça ne bouge pas”, mais ça bougeait, mais ils ne savaient pas que j’avais pris des ingénieurs et que j’avais fait du travail en amont. Je n’ai pas à dire ça à la municipalité ni à l’Association. »

Il espère que les allégations portées contre lui ne freineront pas ses futurs projets de développement. Le promoteur indique que la prochaine étape sera de convenir des travaux à effectuer avec la municipalité.

Des faits corroborés

Romain Boily, le président de l’Association des résidents du lac Marco, une association indépendante du promoteur, corrobore les propos de Marco Tremblay.

Il atteste notamment de la réception tardive de la lettre du CEHQ et estime que le promoteur a agi de bonne foi dans le dossier.

Selon lui, la municipalité a eu recourt à des mesures judiciaires « parce qu’elle n’a rien fait pendant cinq ans ».

« On dit que Marco n’a pas fait grand-chose, mais la Ville non plus. Alors, quand tu ne fais rien en cinq ans, tu t’exposes à des plaintes des résidents. »

Conformité du chemin d’accès

Saint-Bruno reproche aussi à Marco Tremblay de ne pas avoir aménagé un chemin d’accès conforme aux normes de la municipalité. Une accusation que le promoteur réfute également alors qu’il affirme avoir reçu une lettre de la part du département de l’urbanisme dans laquelle il était indiqué que le chemin répondait aux exigences.

Le journal Le Lac-St-Jean a soumis des demandes d’accès à l’information au CEHQ ainsi qu’à la municipalité de Saint-Bruno afin d’obtenir une copie des documents mentionnés plus haut.

 

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